VIDEO. «Titanic», «Kursk»... Pourquoi on tremble même quand on connaît la fin

HISTOIRES VRAIES Pourquoi les films inspirés de vraies catastrophes fonctionnent aussi bien? Thomas Vinterberg, réalisateur de « Kursk », en salles le 7 novembre, explique pourquoi à 20 Minutes…

Caroline Vié

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Matthias Schoenaerts dans Kursk de Thomas Vinterberg
Matthias Schoenaerts dans Kursk de Thomas Vinterberg — EuropaCorp
  • « Kursk » fait revivre la tragédie d’un sous-marin russe qui a coûté la vie à une centaine de marins.
  • Thomas Vinterberg n’est pas le seul à s’être inspiré de tragédies réelles.
  • Le réalisateur danois analyse les raisons du succès de ce type de films.

Le public connaît la fin et pourtant il vibre sur son fauteuil ! La plupart des spectateurs de Kurskde Thomas Vinterberg n'ignore rien de l’issue du terrible accident de sous-marin qui a occupé les écrans, plusieurs semaines durant, à l'été 2000. Le réalisateur danois parvient cependant à faire trembler pour ces marins qu’on sait condamnés d'avance.

« Ce n’est pas tant le dénouement qui importe que l’expérience humaine partagée, précise le réalisateur danois. Et cela d’autant plus que l’événement et les tentatives de secours ont pu être suivis en direct à la télévision, ce qui renforce l’impression de vécu en commun. » Thomas Vinterberg n’est pas le seul à avoir donné une dimension fictive à des tragédies réelles.

La tragédie de l’amour

Les diverses versions de Titanic, dont la plus connue réalisée par James Cameron en 1997, ne laissait aucun espoir de voir le bateau arriver à bon port à New York. « C’est l’histoire d’amour tragique qui remue le public partagé entre l’envie, un peu morbide et souvent inavouée, de voir couler le paquebot et sa compassion pour les héros », insiste Vinterberg. Ce phénomène est d’autant plus sensible quand il s’agit d’histoires récentes.

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La tragédie sans le danger

Les attentats du 11 septembre 2001 ont fait l’objet il y a douze ans de deux films particulièrement efficaces : Vol 93 de Paul Greengrass (2006) sur le sacrifice des passagers d’un des avions et World Trade Center d’Oliver Stone (2006) centré sur le courage des pompiers et policiers. « Le public sait quelque chose que les protagonistes ignorent et se sent donc en position de force tout en étant également très angoissé pour eux, précise Vinterberg. Il est dans la position privilégiée de pouvoir prédire la tragédie et de la partager en toute sécurité dans son fauteuil. »

La tragédie et l’engagement

Kursk ne se montre pas tendre avec le gouvernement russe. Ces films dénoncent l’incurie des autorités responsables de la catastrophe ou de sa mauvaise gestion. Deepwater (2016) de Peter Berg pointe du doigt la compagnie pétrolière qu’il accuse de ne pas avoir su gérer l’incendie meurtrier d’une plate-forme survenu en 2010. « Là encore, le public se sent concerné par la conduite inique des coupables ce qui est très gratifiant, insiste Thomas Vinterberg. De plus, il a l’impression d’avoir réfléchi un peu au passage et sort de la salle comblé ! » Tant qu’il se produira des catastrophes, on peut gager qu’elles auront un bel avenir à l’écran.

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