David Scherer
David Scherer — Sepsis de Loren Claessens et Pierre Michel Chevigné

HALLOWEEN

Strasbourg: David Scherer, spécialiste maquillage et effets spéciaux, sait comment vous faire flipper

Le Strasbourgeois David Scherer est une pointure dans le maquillage et la création d'effets spéciaux...

  • Pour Halloween, on suivra les conseils de David Scherer et on ira « piocher dans de vieux films ou méconnus pour trouver des choses ou du maquillage qui sortent de l’ordinaire ».
  • En matière d’artifices qui fichent la frousse, David Sherer s'y connaît. Maquilleur et créateur d’effets spéciaux, originaire de Strasbourg, il est à 39 ans l’une des pointures dans ce domaine.
  • Son travail se partage en deux parties : le maquillage sur personne (blessure, visage d’extraterrestre, etc.) et la préparation d’accessoires (membres, cadavres, etc.).

Posez ce masque de Scream. Pour Halloween, mercredi, on évitera « l’erreur à ne pas faire, de se déguiser comme tout le monde compte le faire », dixit David Scherer. Le Strasbourgeois conseille alors « de piocher dans des films vieux ou méconnus pour trouver des choses ou du maquillage qui sortent de l’ordinaire. Vous trouverez des effets de blessures que les gens n’auront jamais vu avant et cela montrera en plus que vous être cinéphile : vous serez doublement bon ! »

Et en matière d’artifices qui fichent la frousse, David Sherer s'y connaît. Maquilleur et créateur d’effets spéciaux, ce Strasbourgeois est, à 39 ans, l’une des pointures dans ce domaine. Malgré « un parcours atypique, sourit-il. J’ai passé toute ma jeunesse à regarder des films en VHS, ce qui a nourri ma passion pour le cinéma fantastique. J’ai alors voulu travailler pour ce cinéma. »

Pots de latex et doigts coupés

Passé par la fac de sociologie, il commence à se former sur le tas. Dans sa chambre, il teste sa créativité : « Avec de petits pots de latex, j’essayais de reproduire ce que je voyais dans les films », raconte celui qui au fil des rencontres et du bouche-à-oreille est engagé sur la série télé Boulevard du palais pour la fabrication de doigts coupés.

Pas franchement du cinéma fantastique… Mais depuis 15 ans, le Strasbourgeois a étoffé -c'est peu de le dire- sa liste de collaborations. « En fait, j’ai deux CV, deux parcours : les séries télé d’un côté, les films indépendants ou de genre de l’autre. Ce sont souvent des films à petits budgets, mais grand en termes de plaisir créatif », juge David Scherer.

« On s’inspire d’autres films »

Et de citer alors sa collaboration avec Hélène Cattet et Bruno Forzani, réalisateurs de L’étrange couleur des larmes de ton corps et Laissez bronzer les cadavres. Ou de se souvenir de ses créations extravagantes, comme un chien à tête humaine, pour Bertrand Mandico réalisateur des Garçons Sauvages.

Comment arrive-t-il à ces créatures ? « Certains réalisateurs ont déjà leur idée de la représentation graphique. Il n’y a alors plus qu’à faire… Avec d’autres, on affine les choses. On s’inspire aussi d’autres films, ça marche toujours comme ça, glisse le maître des effets spéciaux. Quand un réalisateur veut une brûlure par exemple, je sors deux, trois films où on peut en trouver. Il faut donc regarder un maximum de films, parce que le réalisateur a besoin de savoir qu’il a en face de lui quelqu’un qui sait de quoi il parle. »

David Scherer à l'œuvre
David Scherer à l'œuvre - Et le Diable Rit avec Moi de Rémy Barbe

Son travail se partage en deux parties : le maquillage sur personne (blessure, visage d’extraterrestre, etc.) et la préparation d’accessoires (membres, cadavres, etc.). « Une réplique de tête, quand on nous laisse le temps, je peux prendre une dizaine de jours pour bien la faire ».

« Martin Scorsese transcende l’effet »

A l’écouter toutefois, tout est dans la façon de filmer les choses. « L’effet n’a pas une valeur en soi. Il fonctionne avec un contexte : le jeu de l’acteur, de la caméra, la musique, la mise en scène… Sur un film, on peut bricoler un effet avec un bout de scotch et de latex, mais le résultat peut être bon grâce à ce qu’il y a autour, à la façon dont il est utilisé. Martin Scorsese, par exemple, sait extrêmement bien rendre la violence au cinéma, il transcende l’effet », explique-t-il.

Nul besoin d’être calé en cinéma fantastique pour comprendre : « J’ai revu Rambo 3 un soir et a un moment Stallone retire un éclat de métal de son corps. Si on fait un arrêt sur image, la prothèse est ultra-visible. Mais quand on regarde la séquence, on voit son geste et le sang, on ne fait plus gaffe ». En tout cas David Scherer l’assure, il arrive encore à apprécier les films sans disséquer tous ses effets.