Pio Marmai et Adèle Haenel dans En Liberté ! de Pierre Saladori
Pio Marmai et Adèle Haenel dans En Liberté ! de Pierre Saladori — Mémento Films

COMEDIE

VIDEO. «En liberté!»: «Le rire fonctionne comme l’horreur au cinéma», estime Pierre Salvadori

Pas facile de faire rire en partant d'un sujet grave. Pierre Salvadori expose à « 20 Minutes » sa méthode pour « En liberté ! », son nouveau film au cinéma le 31 octobre…

  • Pierre Salvadori s’est fait une spécialité des comédies.
  • « En Liberté ! » est une nouvelle preuve de sa maestria dans ce domaine.
  • Cette fantaisie sur fond de braquage est un régal qu’il a savamment dosé.

La comédie, c’est le métier de Pierre Salvadori. Plus encore, c’est une profession de foi ! Il le prouve une fois de plus avec En Liberté ! , récompensé à la Quinzaine des réalisateurs du dernier Festival de Cannes, et nommé pour le prix Louis Delluc qui sera remis en décembre. Le cinéaste part d’une intrigue pas vraiment marrante au départ, qu’il parvient très vite à rendre fort drôle.

Un faux coupable (Pio Marmai) et la veuve du flic qui l’a envoyé en prison ( Adèle Haenel) s’y rencontrent sur fond de braquage de bijouterie au grand dam d’une épouse dévouée (Audrey Tautou)… « Mon secret pour faire rire, c’est la sincérité, explique le cinéaste à 20 Minutes. Je ne fais pas le malin avec mes personnages qui sont réellement confrontés à des situations graves. » C’est le cas pour ses deux héros lancés malgré eux dans le crime par la faute d’un ripou flamboyant ( Vincent Elbaz).

Un contrat avec le spectateur

« Au cinéma, le rire fonctionne comme l’horreur, précise Pierre Salvadori. On passe un contrat avec le spectateur qui vient pour rire ou pour frissonner. Il sait ce qui l’attend et on doit lui donner satisfaction. » Il y parvient brillamment en faisant monter la pression autour d’un homme décidé à commettre le vol pour lequel il a été injustement emprisonné. « Il faut définir une situation de départ et broder dans le cadre qu’on s’est fixé, insiste le réalisateur. Si on perd cette cohérence, on perd aussi le public. »

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Pierre Salvadori, réalisateur de #enliberté!

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Prendre le rire au sérieux

« Je prends le rire très au sérieux en montrant des personnages dépassés par ce qu’ils vivent et n’ont pas du tout envie de s’en amuser. » Ce principe, le réalisateur de Dans la cour et Les Apprentis le manie avec maestria notamment lors d’une ahurissante scène de braquage dans une bijouterie. Ballotté entre suspense et éclats de rire, on se laisse emporter au gré d’une intrigue taillée au cordeau. « Rien n’est plus sinistre qu’une comédie qui ne fait pas rire, martèle Pierre Salvadori. On finit par acquérir un instinct pour ce qui fonctionne ou pas, même si on ne peut jamais être sûr de rien tant qu’on n’a pas projeté le film devant un public. »

Une mécanique comique parfaite

Pierre Salvadori entretient le rêve de « créer un jour une mécanique comique si parfaite que le spectateur serait incapable de reprendre son souffle entre les scènes ». A ce titre, le cinéaste cite volontiers La Party (1968) de Blake Edwards en exemple. En liberté !, fantaisie intelligente et très réussie, le rapproche doucement mais sûrement de son but.

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