VIDEO. «Chris the Swiss» met la guerre en dessin animé pour mieux la dénoncer

GUERRE La réalisatrice Anja Kofmel explique à « 20 Minutes » pourquoi elle a choisi d’évoquer son cousin assassiné en Croatie dans « Chris the Swiss », en salles le 3 octobre…

Caroline Vié

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Chris the Swiss de Anja Kofmel
Chris the Swiss de Anja Kofmel — Urban Distribution

Dans la famille « cinéma d’animation pour adultes », Anja Kofmel frappe un grand coup avec Chris the Swiss. Elle mêle documentaire en prise de vues réelles et animation pour ce film présenté à la Semaine de la Critique de Cannes et au Festival d’Annecy.

Elle y fait revivre son cousin Chris assassiné en Croatie en 1992 alors qu’elle avait 10 ans. « J’avais gardé un souvenir assez vif de lui quand j’étais petite fille et il était un sujet fascinant sur lequel j’ai eu envie de me pencher », raconte-t-elle à 20 Minutes. C’est pour mieux comprendre ce qui est arrivé à ce journaliste que la cinéaste s’est lancée dans une enquête prenante qu’elle fait partager au spectateur.

Sur une table d’autopsie

Témoignages en couleurs et dessin animé en noir et blanc lèvent le voile sur le destin du jeune homme, tué à 26 ans. « Il était idéaliste et inconscient du danger quand il a rejoint une troupe de mercenaires et délaissé son métier de reporter », explique Anja Kofmel. La violence du conflit affleure notamment quand la cinéaste montre une photo du cadavre de Chris sur une table d’autopsie. « Il était important de révéler une réalité que seule la forme documentaire pouvait mettre en avant dans sa brutalité. » Les interviews de ceux qui ont connu Chris en Croatie sont glaçantes tant elles révèlent le peu de cas qui était fait de la vie humaine à cette époque.

Une victoire pour Chris

« L’animation permet de mettre l’horreur de la guerre à distance tout en soulignant la cruauté » précise Anja Kofmel qui parsème son récit de passages flirtant avec le fantastique. La jeune femme a rencontré de nombreux soucis en Croatie quand le gouvernement d’extrême droite a tenté de lui mettre des bâtons dans les roues. « Malgré leurs tracas pour que l’histoire ne soit pas connue, le film existe et c’est une victoire pour Chris comme pour moi », dit-elle. Pour le spectateur aussi qui reçoit un coup de poing à l’estomac devant cette œuvre puissante.