VIDEO. Matthias Schoenaerts et Reda Kateb: « On peut aimer ces hommes sans avoir envie de leur ressembler »

INTERVIEW Les deux comédiens évoquent leur rencontre et leurs performances complémentaires dans « Frères ennemis » de David Oelhoffen, en salles le 3 octobre…

Caroline Vié

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Reda Kateb et Matthias Schoenaerts dans Frères ennemis de David Oelhoffen
Reda Kateb et Matthias Schoenaerts dans Frères ennemis de David Oelhoffen — Bac Films
  • « Frères ennemis » offre des rôles puissants à Reda Kated et Matthias Schoenaerts.
  • L’un est flic, l’autre voyou, anciens amis d’enfance qui doivent composer entre leur passé et leur présent.
  • Les deux comédiens ont tout de suite été sur la même longueur d’onde pour incarner ces deux personnages réalistes.

De temps en temps, un polar sort du lot et fait réestimer un genre trop souvent galvaudé. C’est le cas de Frères ennemis de David Oelhoffen où  Reda Kateb et Matthias Schoenaerts incarnent des amis d’enfance évoluant des deux côtés de la loi dans une cité de banlieue.

Le premier est flic et rêve d’effacer son passé de gamin des cités en s’engageant dans la Brigade des Stups. Le second s’est créé une famille au milieu de trafiquants maghrébins parmi lesquels il essaye de survivre. Tous deux traînent un lourd bagage dans ce film intense où le réalisateur de Loin des hommes transcende une intrigue classique en mettant l’accent sur les rapports humains. Les deux excellents comédiens, devenus amis à la ville, se sont confiés à 20 Minutes…

Vous connaissiez-vous avant le tournage ?

Reda Kateb : Pas personnellement mais je connaissais le travail de Matthias et je me doutais que nous aurions la même façon de considérer notre métier avec un mélange de travail et d’instinct.

Matthias Schoenaerts : J’avais la même impression, qui s’est confirmée au fil du temps. L’intimité qui unit nos personnages avant même le début de l’intrigue n’a pas été difficile à trouver avec Reda. Notre alchimie a été immédiate.

Qui sont les deux hommes que vous incarnez ?

MS : Ils ont fait des choix différents mais ont plus de points communs qu’ils veulent bien l’admettre. Tous deux luttent contre une solitude intense que ces choix impliquent.

RK : Ce sont des personnages de tragédie. Dès le départ, on sait que les choses vont mal tourner pour eux, ce qui les rend poignants et attachants.

Vous sentiez-vous proches d’eux ?

RK : Ils nous ont vraiment touchés parce qu’ils sont réalistes. A aucun moment, David Oelhoffen ne cherche à rendre leur milieu fascinant. Il se concentre sur l’humain.

MS : On peut aimer ces hommes sans avoir envie de leur ressembler. Je trouve important qu’on ne puisse à aucun moment les considérer comme des modèles.

Peut-on dire que c’est la famille qui est au centre du récit ?

MS : C’est ce qui m’a plu dans le scénario : ce besoin qu’ont ces deux garçons de trouver leur place, y compris dans des familles - bandits ou policiers - qu’ils s’inventent.

RK : Ce besoin d’appartenance est effectivement un moteur du film. C’est quelque chose que tout le monde peut avoir expérimenté à un moment ou un autre de sa vie.