«Libre» avec Cédric Herrou: «Il a été compliqué de programmer le documentaire à Nice», affirme le distributeur

SORTIE Le film a mis un certain temps à se trouver un cinéma, les salles d'art et essai ont refusé de le programmer...

Fabien Binacchi

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Le film Libre retrace le combat de Cédric Herrou, devenu une figure de l'aide aux migrants
Le film Libre retrace le combat de Cédric Herrou, devenu une figure de l'aide aux migrants — Laurent Carre/Jour 2 Fête
  • Le documentaire Libre, dont Cédric Herrou est le personnage principal, sort ce mercredi en salle, et dans un seul cinéma de Nice.
  • Le distributeur du film affirme que plusieurs salles de la ville ont refusé de le programmer.
  • Par ses actions, Cédric Herrou, condamné à plusieurs reprises pour avoir aidé des migrants à la frontière italienne, s’est attiré les foudres de certains politiques azuréens, notamment du député Eric Ciotti.

Le combat de Cédric Herrou, sujet toujours sensible sur la Côte d’Azur ?  Libre, le documentaire qui raconte le parcours du défenseur des migrants dans la vallée de la Roya, a mis un certain temps à se trouver une salle à Nice.

Autocensure ou pressions politiques… « J’ai bien senti qu’il se passait quelque chose », explique Etienne Ollagnier, le cogérant de Jour2Fête, la société chargée de distribuer le film présenté en « séance spéciale » au dernier Festival de Cannes. « Nice est le seul endroit de France où ça a été compliqué », poursuit le responsable.

« J’ai senti une très grosse gêne »

Par ses actions, Cédric Herrou, condamné à plusieurs reprises pour avoir aidé des migrants à la frontière italienne, s'est attiré les foudres de certains politiques azuréens, notamment du député Eric Ciotti, ex-président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. De quoi y voir un lien de cause à effet ?

Dans la capitale azuréenne ce mercredi, jour de sortie nationale avec 60 copies au total dans l’Hexagone, le documentaire ne sera à l’affiche qu’au cinéma Pathé Masséna. Les deux salles arts et essais de la ville ont décidé de ne pas programmer le film. «  Le Rialto m’a prévenu très tôt qu’il ne le projetterait pas », note Etienne Ollagnier indiquant « avoir senti une très grosse gêne ». Et du côté du Mercury, propriété du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Libre a également essuyé un refus.

« Il y a des craintes de perdre des subventions »

Contactée par 20 Minutes, la collectivité met en avant un problème de planning. « La période automnale est très chargée. Notre cinéma accueille de nombreux festivals comme le festival LGBT Ze festival, le festival Héliotrope […] sans parler du festival jeune public qui va débuter fin octobre, explique-t-on. Par conséquent, le nombre de films destinés à la programmation classique est restreint et nous ne pouvons pas passer tous les films inédits pour lesquels nous sommes sollicités chaque semaine. »

Un argument qui ne convainc pas Cédric Herrou. « Ici, c’est la République de la Côte d’Azur qui passe avant la République française, lâche l’agriculteur. Partout, il y a des craintes de perdre des subventions du département. Même dans la vallée de la Roya, les élus, pourtant plutôt de sensibilité de gauche, ne m’ont pas appelé pour organiser d’avant-premières. C’est dommage, car c’est surtout ici que le film devrait être montré. »