VIDEO. «The Little Stranger» joue avec le spectre de nos peurs intimes

FANTASTIQUE Le réalisateur de « The Room » renouvelle le film de revenants avec un conte inquiétant à souhait…

Caroline Vié

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The Little Stranger de Lenny Abrahamson
The Little Stranger de Lenny Abrahamson — Nicolas Dove/Pathé Distribution
  • A la fin des années 1940, un jeune médecin soigne les habitants d’une étrange maison.
  • « The Little Stranger » joue avec la peur de l’inconnu sur fond de lutte des classes.
  • Le réalisateur Lenny Abrahamson laisse une grande liberté au spectateur pour décider de ce qui appartient au paranormal ou à la folie de ses héros.

Vrais spectres ou folie collective ? Telle est la question qui se pose aux spectateurs dans The Little Stranger de Lenny Abrahamson. Un jeune médecin, incarné par Domhnall Gleeson, penche pour la deuxième solution quand il débarque à Hundreds Hall, une maison lugubre et gigantesque en 1947.

Le réalisateur de The Room a réuni Charlotte Rampling, Will Poulter et Ruth Wilson dans la vieille bâtisse où une sombre entité semble résolue à poursuivre des desseins funestes. « J’avais envie de faire réfléchir et frissonner », explique Lenny Abrahamson à 20 Minutes. Ce conte oppressant à souhait renouvelle le film de fantômes tout gardant ses ingrédients principaux.

Une ruine sinistre

Hundreds Hall a sans doute été une riche demeure mais elle tombe doucement en ruines. Ses propriétaires la maintiennent péniblement debout en vendant terrains et autres pâturages pour pouvoir l’entretenir. L’ensemble ne donne pas envie d’y aller prendre le thé. Mais alors pas du tout.

De mauvais pressentiments

La servante adolescente et le fils de la maison assurent qu’un esprit malveillant rôde dans le bâtiment. Une gamine impressionnable et un blessé de guerre ne sont pas des sources fiables mais leurs déclarations ont quelque chose d’inquiétant surtout quand un chien, réputé tout doux, croque une invitée soudainement. Flippant.

D’étranges phénomènes

Les sonnettes de l’office se déclenchent toutes seules, des inscriptions bizarres rappellent une petite fille décédée, les portes se ferment sur des incendies tandis que la maîtresse de maison se couvre de plaies inexpliquées. De quoi faire sérieusement frissonner et donner envie de quitter les lieux. Vite.

Une envie pas bien nette

Depuis qu’il a visité Hundreds Hall étant enfant avec sa mère domestique, le héros est fasciné par la maison, jusqu’à l’obsession. Maintenant que ses études et la ruine des propriétaires gomment leurs différences de classe sociale, cet échalas psychorigide espère à la fois la main de la fille et les clefs de la demeure. Un peu trop, sans doute.

Du boulot pour les cellules grises

Cette adaptation d’un livre de Sarah Waters en appelle à l’intelligence du public. Lenny Abrahamson lui laisse une grande liberté pour décider de ce qui se passe réellement à Hundreds Hall. De belles discussions entre spectateurs sont à prévoir à la fin de The Little Stranger, chacun sortant de la salle avec sa propre théorie sur ce qui s’est déroulé au cours d’une œuvre aussi inquiétante qu’intrigante.