VIDEO. «Les Frères Sisters» ne sont pas des fillettes (normal, c'est un film de Jacques Audiard)

WESTERN Jacques Audiard, réalisateur d'« Un prophète » et de « Dheepan », explique à « 20 Minutes » ce qui l’a motivé pour réaliser « Les Frères Sisters », son premier film américain…

Caroline Vié

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Joaquin Phoenix et John C. Reilly dans « Les Frères Sisters » de Jacques Audiard
Joaquin Phoenix et John C. Reilly dans « Les Frères Sisters » de Jacques Audiard — Shannon Besson/UGC distribution
  1. « Les Frères Sisters » décrit les aventures de cow-boys pendant la ruée vers l’or.
  2. Jacques Audiard y dirige John C. Reilly, Joaquin Phoenix et Jake Gyllenhaal.
  3. Il a souhaité explorer les relations entre frères et amis dans ce western sublime.

Jacques Audiard s’essaie au western avec Les Frères Sisters, son premier film tourné en langue anglaise et aux Etats-Unis. Il a reçu le Lion d'argent du meilleur réalisateur à Venise et le prix du 44e Festival de Deauville pour cette œuvre magistrale adaptée d’un livre de Patrick DeWitt (aux éditions Actes Sud).

C’est en compagnie de John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed, que le réalisateur français d’Un prophète et de Dheepan quitte la France urbaine pour explorer les grands espaces du Far West. Entre ruée vers l’or et rêve d’un monde meilleur, les personnages tentent tous de survivre dans un milieu hostile. « Plus qu’un western, c’est une réflexion sur la fraternité et sur les rapports entre les hommes qui m’a intéressé », confie le réalisateur à 20 Minutes.

Une affaire de rencontres

Frères, amis ou ennemis, ces cow-boys ont chacun une vision de la vie qu’ils tentent de faire partager aux autres. « Je crois aux rencontres, dit Jacques Audiard. J’avais envie d’explorer la façon dont le charme peut opérer entre des personnes du même sexe, au point de changer leur comportement. » Un jeune scientifique ayant mis au point une formule pour prospecter l’or est au centre de l’histoire et marque durablement ceux qui le croisent. « L’Amérique que je décris est celle d’un mélange de civilisations qui a donné ce que nous sommes tous aujourd’hui », estime le réalisateur.

Jacques Audiar au Festival de Deauville @deauvilleus

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Violence et cupidité

Epaulé par le scénariste Thomas Bidegain et le chef-opérateur Benoît Debie, Audiard s’est senti immédiatement à l’aise avec ses acteurs. « Les comédiens américains arrivent sur le plateau comme s’ils étaient les propriétaires de leur personnage, explique-il. Ils attendent de vous que vous les aidiez à affiner leur prestation. » Il s’y est attelé avec succès, et le spectateur est époustouflé par la palette d’émotions qui se dégagent de héros évoluant dans un univers de violence et de cupidité généralisées. Chacun se révèle attachant, même dans ses actes les moins reluisants.

Vers une évolution

Les choses avancent dans le bon sens entre le nouveau et l’ancien monde. « On peut aussi choisir de voir le quatuor du film comme quatre facettes du même homme qui évolue vers plus d’humanité », explique Jacques Audiard. Son étude de la masculinité passionne par sa force esthétique et philosophique. Le western réussit au réalisateur d’Un prophète et de Dheepan, et on reconnaît sa patte à chaque instant. Jacques Audiard n’a en effet perdu ni son âme ni sa singularité en traversant l’Atlantique.