VIDEO. Cédric Anger: «"L'amour est une fête" parle d'une époque où le sexe était plus simple»

COMEDIE Le cinéaste Cédric Anger explique à « 20 Minutes » pourquoi il s'est aventuré à raconter le milieu du porno en 1982…

Caroline Vié
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L'amour est une fête de Cédric Anger
L'amour est une fête de Cédric Anger — Christine Tamalet/Mars Film
  • « L’amour est une fête » mêle comédie, polar et chronique de mœurs sur le milieu du porno du début des années 1980.
  • Cédric Anger évoque l’époque pré-sida avec nostalgie et signe un film épris de liberté autour de Guillaume Canet et Gilles Lellouche.

Il faisait bon vivre de poilade et de camaraderie dans le milieu du porno au début des années 1980 ! C’est le message que veut faire passer Cédric Anger dans son film L’amour est une fête , où deux flics ( Guillaume Canet) et Gilles Lellouche, excellents, s’infiltrent dans ce monde très libre et découvrent ses plaisirs (sans pour autant participer aux ébats devant la caméra).

Les galipettes gaillardes et bon enfant tournées dans l’insouciance n’ont pas duré longtemps : presque au même moment est apparu un terrible fléau… « L’amour est une fête parle d’une époque où le sexe était plus simple, explique Cédric Anger à 20 Minutes. Peu de temps après le sida allait changer la donne. »

Faire l’amour devant et derrière la caméra

A la fois suspense, comédie et chronique d’un temps révolu, ce film libertaire célèbre l’amour physique décomplexé, sans aucune vulgarité. « J’ai rencontré des gens qui ont travaillé dans le milieu du porno durant cette période : tous m’ont raconté qu’ils faisaient l’amour plus souvent hors caméra que devant, raconte le cinéaste. L’assistant était obligé de leur demander d’en garder pour le tournage. » Cette atmosphère joyeuse est parfaitement retranscrite et l’on se sent plus proche des pornographes que de ceux qui veulent les empêcher de s’amuser.

Autant de mecs nus que de filles

« Tourner ce film est aussi une façon de parler de 2018, insiste Cédric Anger, si différent de cette époque où les gens se sentaient à l’aise et libres dans leur sexualité. » Voir les jeunes comédiennes s’extasier devant les premières cassettes vidéo de leurs prestations est aussi surprenant qu’attendrissant. « L’amour est une fête n’est pas un prétexte pour montrer des filles à poil, martèle le réalisateur. J’ai pris soin de montrer autant de mecs nus que de nanas. » Et tout ce petit monde s’éclate dans le plus simple appareil avec une jubilation communicative.

Un hommage au X français

« Le cinéma X français de ces années-là était fait par de véritables amoureux du septième art, précise encore Cédric Anger, avec de belles lumières et de vraies mises en scène. » Des légendes du porno bien de chez nous viennent aussi faire un petit coucou, Marilyne Jess et Alban Ceray sont de la partie pour des apparitions en forme de clin d’œil. Il y a une vraie tendresse teintée de nostalgie dans L’amour est une fête. Le dernier plan du film sur un coucher de soleil laisse le public sur l’impression douce-amère que ce climat d’insouciance s’est trop vite envolé.