Deauville: L'écrivain John Grisham se moque bien d'être boudé par Hollywood

DEAUVILLE 2018 L’auteur de « L’Affaire Pélican », de « La Firme » ou de « L’Idéaliste », récipiendaire à Deauville du prix Lucien-Barrière pour « Le Cas Fitzgerald », évoque pour « 20 Minutes » ses rapports devenus compliqués avec le septième art…

De notre envoyée spéciale à Deauville, Caroline Vié

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John Grisham au Festival de Deauvile
John Grisham au Festival de Deauvile — C.Vié
  • John Grisham, qui a vu beaucoup de ses romans portés à l’écran, ne se voit pas écrire des scénarios pour autant.
  • De toute façon, il pense que ses histoires ne sont plus assez spectaculaires pour Hollywood aujourd'hui.

Dans les années 1990, John Grisham a connu les honneurs d’Hollywood. De La Firme à L’Affaire Pélican en passant par L’Idéaliste, ses romans étaient systématiquement portés l’écran. Si ses livres sont toujours aussi palpitants, comme en témoigne Le Cas Fitzgerald (éditions JC Lattès) récompensé par le prix littéraire Lucien- Barrière au Festival de Deauvile, ils n’attirent plus réalisateurs et producteurs.

« Mes histoires ne sont sans doute pas assez spectaculaires pour plaire à Hollywood où les producteurs se focalisent sur les histoires de superhéros », explique-il à 20 Minutes. Pourtant Le Cas Fitzgerald, thriller malin où une écrivaine aspirante est chargée de piéger un libraire soupçonné de faire du trafic de manuscrits précieux, possède un fort potentiel cinématographique.

Penser au cinéma

« Quand j’écris, il m’arrive de penser au cinéma, car je visualise les scènes dans ma tête, confie l’écrivain. Je n’ai pourtant pas envie de m’essayer à l’écriture de scénarios. » Le système hollywoodien décourage John Grisham par sa complexité. « Un scénario peut passer de main en main pendant des années pendant lesquelles chaque interlocuteur donne son avis et exige des changements, avoue-t-il. Je préfère écrire seul dans mon coin et garder le contrôle sur mon œuvre. »

Fier de ses films

Dans l’ensemble, John Grisham est fier des adaptations de ses films. « La seule que je déteste est L'héritage de la haine, précise-t-il. Quand j’ai lu le scénario, j’ai tempêté mais personne ne m’a écouté et le résultat est catastrophique ! » Il est vrai que le film de James Foley avec Gene Hackman n’est pas exactement un chef-d’œuvre… « Les autres longs-métrages tirés mes œuvres sont amusants, reconnaît-il. Et, comme ils passent tout le temps à la télé, cela prolonge la popularité et les ventes des romans. »

Un homme occupé

John Grisham n’a pas besoin du cinéma pour être très occupé. « Mes fans comptent sur moi pour que je produise un thriller légal par an, dit-il. Comme je veux aussi écrire d’autres choses, je travaille beaucoup. » The Reckoning, suspense autour de la peine de mort dont il est un fervent opposant, sortira en octobre prochain aux Etats-Unis. Le romancier envisage ensuite de se consacrer à un ouvrage pour ados et à une suite du Cas Fitzgerald. « Pourquoi arrêter d’écrire alors que c’est si amusant ? » demande-il. Ce ne sont pas ses lecteurs qui l’inciteront à tirer un trait sur sa plume.