Shailene Woodley: «La colère des femmes a enfin été entendue et la révolution est en marche»

GIRL POWER Elle Fanning, Shailene Woodley ou Kate Becksinsale l’ont confié à « 20Minutes » à Deauville : les femmes à Hollywood ne sont pas près de rentrer dans le rang…

De notre envoyée spéciale à Deauville, Caroline Vié

— 

Shailene Woodley dans A la dérive de Baltasar Kormàkur
Shailene Woodley dans A la dérive de Baltasar Kormàkur — Metropolitan Filmexport
  • Les mouvements « Time’s Up » et #MeToo ont changé la donne pour les femmes à Hollywood.
  • Actrices et réalisatrices retrouvent progressivement la place qui leur est due.
  • Visiblement, elles n’ont aucune intention de revenir en arrière.

Les talents américains rencontrés à Deauville par 20 Minutes sont formels : les mouvements Time’s Up et #MeToo font vraiment bouger Hollywood, où les femmes peuvent enfin s’imposer. Le changement, c’est tout de suite, maintenant et les choses vont encore s’améliorer.

« La colère des femmes a enfin été entendue et la révolution est en marche ! » affirme Shailene Woodley, actrice de 26 ans découverte dans Divergente et star de la série Big Little Lies. Honorée à Deauville, la jeune actrice est l’une des étoiles montantes du Nouvel Hollywood. Comme ses consœurs, elle est bien résolue à poursuivre la lutte « Nous sommes maintenant dans une phase de reconstruction », précise-t-elle.

Un respect accru

Elle Fanning, 20 ans, et bientôt à l’affiche de Galveston de Mélanie Laurent, est dans la même dynamique. « Je reçois de plus en plus de scénarios écrits par des femmes et, même si je n’ai jamais été molestée, peut-être parce que j’ai eu de la chance, je sens un respect accru du côté des hommes de la profession. » Kate Becksinsale, vedette quadragénaire de la saga Underworld l’approuve à 200 %. « Personne ne peut plus se permettre de se montrer lourd avec les femmes, que ce soit devant ou derrière la caméra, martèle-t-elle. Ceux qui voudraient essayer savent maintenant qu’ils risquent leur carrière. »

Des personnages forts

Il semble aussi qu'il soit plus facile aujourd'hui de produire des sujets autour de personnages féminins. « Je n’aurais sans doute pas réussi à financer Galveston il y a quelques années, confie Mélanie Laurent. Les hommes semblent enfin comprendre que les femmes aussi ont des choses à dire et que leurs films peuvent rapporter de l’argent. » De nombreuses œuvres projetées à Deauville mettent en scène des comédiennes dans des rôles forts comme Puzzle de Mark Turtletaub où une mère de famille entre deux âges s’émancipe. « Je sens un frémissement du côté des financiers qui commencent à revenir du jeunisme à tous crins », explique le réalisateur.

Les hommes solidaires

Les femmes ne sont pas les seules à apprécier le changement. Les hommes les soutiennent aussi passionnément. « Je vois de plus en plus de femmes à tous les postes sur les plateaux et aussi parmi les journalistes. C’est assez récent et une fort bonne chose », constate Jason Clarke (qu’on verra cet automne dans le très attendu First Man de Damien Chazelle). John C. Reilly, épatant dans Les Frères Sisters de Jacques Audiard, tient lui aussi à la parité. Son épouse Alison Dickey est d’ailleurs coproductrice du film. « Bien qu’il s’agisse d’une histoire d’hommes, le point de vue féminin comptait derrière la caméra, insiste-t-il. De nombreux postes techniques étaient occupés par des femmes. »

Un effet de mode ?

Les changements amorcés depuis quelques mois seront-ils pérennes ou s’agit-il d’un effet de mode qui se dissipera au bout d’un moment ? « Les femmes ne se laisseront plus enfermer dans des cases, insiste Elle Fanning. Elles iront toujours plus loin pour pouvoir s’exprimer. » Shailene Woodley est tout aussi déterminée dans ce combat pour l’égalité des salaires et davantage de diversité : « Maintenant que nous nous sommes groupées, il ne peut pas y avoir de retour en arrière ! » Reste à espérer que la France emboîtera le pas à l’Amérique.

>> A lire aussi : VIDEO. Trois destins de femmes ont bouleversé les festivaliers