«Weinstein est innocent»: Le tee-shirt qui fait tache à la Mostra de Venise

CINEMA Samedi, Luciano Silighini Garagnani, un prétendu réalisateur italien, s’est fait remarquer sur le tapis rouge de « Suspiria »…

Fabien Randanne

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Le 1er septembre 2018, Luciano Silighini Garagnani a arboré un tee-shirt «Weinstein est innocent» sur le tapis rouge de la Mostra de Venise.
Le 1er septembre 2018, Luciano Silighini Garagnani a arboré un tee-shirt «Weinstein est innocent» sur le tapis rouge de la Mostra de Venise. — Vincenzo PINTO / AFP

Cette année, la Mostra de Venise (Italie) aura eu sa dose de glamour hollywoodien avec Lady Gaga, Bradley Cooper, Ryan Gosling, Emma Stone ou encore Tilda Swinton. Le festival de cinéma a aussi eu droit ce samedi à son pesant de mauvais goût italien.

Luciano Silighini Garagnani s’est fait remarquer sur le tapis rouge non pas tant parce qu’il était chaussé de baskets ou vêtu d’un jean délavé que par son tee-shirt fait maison. Devant les photographes, l’Italien a ouvert sa veste pour laisser apparaître le message « Weinstein is innocent » entourant une photo du producteur américain accusé d’agressions sexuelles et de viols par plusieurs actrices.

Le coup d’éclat « stupide » d’un pro-Trump

Ce dimanche, Alberto Barbara, le directeur du festival de Venise a répondu à Deadline en qualifiant ce coup d’éclat de « stupide ». La biographie de Luciano Silighini Garagnani sur IMDB avance qu’il aurait entre autres été directeur de casting et qu’il aurait réalisé six films – dont aucun n’est crédité sur le site. La même page mentionne qu’il soutient Silvio Berlusconi et le parti républicain américain. Il aurait ainsi participé au financement de la campagne présidentielle de Donald Trump.

Ironie de l’histoire, Luciano Silighini Garagnani s’est donné en spectacle avec son tee-shirt lors du tapis rouge de Suspiria, dont le casting est très majoritairement féminin. Le réalisateur Luca Guadagnino, qui a signé ce remake d’ un classique de Dario Argento, s’était exprimé en conférence de presse sur le mouvement #MeToo qui, dans le sillon de l’affaire Weinstein, a libéré la parole des femmes.

Le cinéaste considère qu’il s’agit d’un point de non retour qui [a] désormais envahi nos consciences «. Et d’ajouter : « Suspiria a été tourné avant [#MeToo], mais j’aime penser que notre travail, et ceux qui viendront dans le futur, naissent d’un agréable désir de ne jamais être dans la position d’écraser l’autre avec son propre pouvoir. »