VIDEO. Les acteurs non professionnels de «Shéhérazade» ne devraient pas le rester

DRAME Le réalisateur Jean-Bernard Marlin révèle deux jeunes inconnus à travers cette histoire d’amour entre une petite frappe et une prostituée mineure…

Caroline Vié

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Dylan Robert et Kenza Fortas dans Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin
Dylan Robert et Kenza Fortas dans Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin — Ad Vitam
  • « Shérérazade » a été découvert à la Semaine de la Critique et récompensé au Festival d'Angoulême.
  • Un délinquant et une prostituée s’y aiment d’amour tendre dans un quartier difficile de Marseille.
  • Ses deux jeunes acteurs sont de vrais révélations.

Les deux adolescents de Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin n’ont pas une vie facile dans les rues de Marseille. Et pourtant, le petit délinquant et la prostituée s’aiment d’amour tendre. « Leur tendresse m’a motivé parce que c’est elle qui va les sauver », explique le cinéaste à 20 Minutes.

Pour ce premier long-métrage présenté à la Semaine de la Critique et récompensé au Festival d’Angoulême, il a choisi deux non professionnels remarquables, Dylan Robert et Kenza Fortas, 18 et 17 ans, qu’il a sélectionnés après des semaines de casting. « Un des critères principaux pour les choisir était qu’ils puissent se plier à mes directives et qu’ils acceptent la discipline d’un tournage », se souvient-il.

La générosité des jeunes

Dylan Robert, sorti de prison peu de temps auparavant, et Kenza Fortas, adolescente déscolarisée, n’ont pas eu une existence facile dans la vraie vie. Ils apportent un naturel et une énergie communicative à cette plongée dans un monde où la jeunesse est constamment en péril. « Je me suis inspiré des adolescents que j’ai rencontrés pendant des mois d’enquête, précise Jean-Bernard Marlin. Dylan et Kenza ont été d’une incroyable générosité dans la façon dont ils ont puisé dans leur vécu pour créer leur personnage. »

Tourner à l’arrache

Le cinéaste n’a pas choisi la facilité en tournant dans des quartiers chauds de Marseille. « On était souvent obligé de filmer à l’arrache car des décors devenaient soudain inaccessibles en raison de problèmes entre bandes, se souvient-il. Kenza et Dylan se sont adaptés à tout. Ils ont un sens de la survie ahurissant acquis dans la rue. » Cela se sent dans ce film lumineux où l’on s’attache à ces enfants du siècle plongés dans un monde de violence dont ils tentent de s’extraire.

La vie après le tournage

Il n’a pas été facile pour les deux jeunes gens de revenir à une vie normale après le film. Jean-Bernard Marlin veille au grain. Il leur cherche un agent parce qu’il se sent responsable d’eux à la manière d’un grand frère se souciant de leur avenir. « Je ne vais pas les lâcher, martèle le réalisateur, car je pense qu’ils sont suffisamment doués et travailleurs pour poursuivre une carrière de comédiens. » On espère de tout cœur que la fin optimiste de Shéhérazade rejaillira sur ces acteurs prometteurs comme sur ce cinéaste passionnant.