VIDEO. Nicolas Duvauchelle trouve que «Bonhomme» est son rôle le «plus ambitieux»

PORTRAIT Le comédien incarne un jeune homme qui perd la tête à la suite d’un traumatisme crânien dans ce film de Marion Vernoux qui sort en salles mercredi 29 août…

Caroline Vié

— 

Ana Girardot et de Nicolas Duvauchelle dans Bonhomme de Marion Vernoux
Ana Girardot et de Nicolas Duvauchelle dans Bonhomme de Marion Vernoux — Orange Studio Cinéma/UGC distribution
  • Nicolas Duvauchelle est épatant dans « Bonhomme » de Marion Vernoux.
  • Le comédien est très crédible en traumatisé crânien qui mène la vie dure à sa compagne.
  • Il a rencontré des malades afin de construire son personnage.

Il suffit d’un banal accident de voiture pour que la vie de Piotr et Marilyn, jeunes banlieusards lillois, tourne au cauchemar. Bonhomme de Marion Vernoux offre un rôle écrasant à Nicolas Duvauchelle en beau gosse victime d’un trauma crânien face à Ana Girardot en compagne compréhensive mais parfois dépassée.

« Il s’agit d’un syndrome invisible qui modifie leur relation du tout au tout », explique le comédien à 20 Minutes. Piotr devient un grand enfant capricieux que son entourage a du mal à gérer. « C’était un rôle très lourd que j’ai longtemps hésité à accepter car je me sentais une lourde responsabilité vis-à-vis des malades », insiste l’acteur.

Une histoire de violence

Il a côtoyé des patients en cours de reconstruction pour comprendre leur comportement et tenter de le reproduire de la façon la plus juste possible à l’écran. « Ils ont tellement peur d’oublier ce qu’ils veulent et ce qu’ils ont à dire qu’ils réclament une attention immédiate », explique le comédien. Gérer ce type de comportements qui fait passer le héros d’assisté attendrissant à un individu brut de décoffrage - voire carrément violent - n’a rien d’évident.

Une histoire d’argent

« Ce qui est compliqué à saisir est qu’il n’a pas changé physiquement alors que sa femme, plutôt soumise au début de leur relation, est contrainte de prendre le dessus », raconte Nicolas Duvauchelle. Cette inversion des rôles met leur couple en péril d’autant plus que leur manque de ressources ne leur permet pas de se faire vraiment aider. « Marion Vernoux a tenu à placer cette histoire dans un milieu où l’argent est un problème car cela ajoute à leurs difficultés de ne pas pouvoir engager quelqu’un pour les seconder. » Le spectateur se sent aussi dérouté que les protagonistes.

Une histoire d’affection

Se voir à l’écran dans la peau de ce personnage a été douloureux pour le comédien. « C’est le rôle plus ambitieux que j’ai tenu à ce jour même si je n’y suis pas à mon avantage. » Sa prestation et celle tout en délicatesse d’Ana Girardot et de Béatrice Dalle rendent ce Bonhomme très attachant. La complexité de la maladie est décrite sans effets mélodramatiques dans cette œuvre qui donne un double sens tristement ironique aux termes « affection de longue durée ».