VIDEO. «Invasion»: Kiyoshi Kurosawa s'amuse avec les codes de la science-fiction

ALIEN « 20 Minutes » détaille les codes de la SF revisités par le réalisateur Kiyoshi Kurosawa dans « Invasion », film dans lequel une jeune Japonaise est confrontée à des extraterrestres…

Caroline Vié

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 Kaho et Shôta Sometani dans Invasion de Kiyoshi Kurosawa
Kaho et Shôta Sometani dans Invasion de Kiyoshi Kurosawa — Art House
  • Le réalisateur de « Avant que nous disparaissions » poursuit son incursion dans la science-fiction.
  • Il s’est librement inspiré de classiques du genre pour le renouveler.
  • « Invasion », film intimiste, parvient à être angoissant sans avoir recours aux effets spéciaux.

Le cinéma de genre et Kiyoshi Kurosawa, c’est une grande histoire d’amour qui se poursuit gaillardement avec Invasion. Le cinéaste japonais repasse par la case science-fiction en continuant son adaptation d’une pièce de Tomohiro Maekawa qui l’avait déjà inspiré pour Avant que nous disparaissions (2017).

Invasion fut d’abord une série en cinq épisodes avant de devenir un long-métrage. Comme dans son film précédent, le réalisateur de Creepy y présente des extraterrestres prêts à prendre possession de notre planète. « Nous avons dépeint des événements choquants et terrifiants avec le plus de réalisme possible », précise le cinéaste dans le dossier de presse. 20 Minutes explique comment Kurosawa-san a repris des ingrédients de la science-fiction classique pour livrer un film original.

Une jeune femme aux abois

L’héroïne du film découvre avec horreur que son entourage change. Une amie prend son père pour un fantôme et son mari est tombé sous la coupe d’un étrange médecin. Comme le protagoniste d’Invasion Los Angeles (1988) de John Carpenter, elle semble la seule à être restée totalement lucide.

L’extraterrestre nous ressemble

L’alien prend une apparence humaine. Si ce parti pris était aussi celui de L'invasion des profanateurs de sépultures (1956) de Don Siegel, Kurosawa-san va plus loin. C’est aux sentiments humains que s’intéresse ce chirurgien qui vide la tête de ses victimes s’écroulant, épuisées, après qu’il les a touchées.

Un cachet très japonais

Si le thème de l’invasion extraterrestre a beaucoup été abordé dans le cinéma américain, le film de Kiyoshi Kurosawa s’inscrit parfaitement dans le Japon actuel. Cette peinture d’un pays déshumanisé où seule une femme courageuse tire son épingle du jeu est dans la continuité des œuvres du cinéaste japonais riche en beaux portraits féminins.

Kyoshi Kurosawa, quel bel homme !

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E.T, vous avez dit E.T ?

L’extraterrestre médecin prépare l’arrivée des siens en étudiant les comportements d’humains qu’il prive de leurs sentiments. Pour ce faire, il se contente d’une simple apposition d’un doigt sur le front. Impossible de ne pas penser au E.T (1982) de Steven Spielberg même si ce dernier est nettement plus bienveillant avec notre espèce.

De la sobriété

Il n’y a pas d’effets spéciaux dans ce film intimiste très éloigné des grosses productions hollywoodiennes comme Independence Day (1996) de Roland Emmerich. Kurosawa-san trouve le moyen d’inquiéter le spectateur sans recourir au spectaculaire. Une scène dans un hôpital où les humains tombent comme des mouches est particulièrement impressionnante.