VIDEO. «Bad Lieutenant»: Pourquoi le flic pourri campé par Harvey Keitel fascine toujours autant

POLAR Vingt-cinq ans après sa sortie, ce personnage de policier corrompu n’a rien perdu de son potentiel dérangeant…

Caroline Vié

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Harvey Keitel dans Bad Lieutenant d'Abel Ferrara
Harvey Keitel dans Bad Lieutenant d'Abel Ferrara — Capricci/The Bookmakers
  • Le film d’Abel Ferarra ressort en version restaurée.
  • Harvey Keitel est toujours aussi impressionnant en policier ripoux.
  • « Bad Lieutenant » brosse aussi un tableau fascinant du New York du début des années 1990.

Vingt-cinq ans après sa sortie, le Bad Lieutenant d’ Abel Ferrara est toujours aussi méchant ! Ce flic corrompu jusqu’à la moelle promène sa silhouette massive et titubante dans les rues glauques de New York au début des années 1990. Le spectateur le suit comme dans un cauchemar.

Drogué, alcoolique, criblé de dettes, il ramasse des pots-de-vin à la pelle et perd totalement pied dans une existence qu’il ne contrôle plus. Harvey Keitel apporte une humanité étonnante à ce personnage peu recommandable. « C’est l’un de rôles les plus puissants de ma carrière. De ceux qui vous changent professionnellement et humainement », confiait-il à 20 Minutes au Festival de Deauville en 2012.

Alors que le film ressort en salles en version restaurée, force est de constater que ce film n’a rien perdu de son potentiel vénéneux pour les spectateurs de 2018.

Le Bad Lieutenant est une ordure

Mais quel salaud ! Profitant de son badge de policier, il ne respecte rien ni personne. Il vole de la drogue aux dealers, arnaque les bookmakers et contraint des adolescentes à s’exhiber. Son comportement n’est clairement pas celui d’un honnête défenseur de l’ordre mais c’est ce qui le rend fascinant même si on sent bien qu’il est au bout du rouleau.

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Le Bad Lieutenant est new-yorkais

Dans le dossier de presse du film, Martin Scorsese, fan de la première heure, explique que Bad Lieutenant est « le film newyorkais ultime ». Abel Ferrara plonge dans la cité dont il révèle les côtés les moins reluisants, ceux que les touristes ne connaissent pas. Le film la montre sans fard avec autant de dégoût, de passion que de fascination.

Le Bad Lieutenant essaye de se racheter

Appelons un ripoux un ripoux. Le Bad Lieutenant, pourtant père de famille, s’enfonce toujours plus loin dans l’abjection. Sa descente aux enfers, souvent filmée caméra à l’épaule, laisse de la place pour de la compassion envers une jeune religieuse violée par des voyous. Elle seule saura lui rappeler qu’il a un cœur bien caché.

Le Bad Lieutenant est intense

Harvey Keitel est habité par son personnage à un point ahurissant. Sa performance hallucinée met le spectateur mal à l’aise tant elle est impudique par son intensité. L’acteur se met à nu au propre comme au figuré. Nicolas Cage retrouvera cette folie dans le remake Bad Lieutenant: escale à la Nouvelle-Orléans de Werner Herzog (2010).

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