Isabelle Adjani raconte son enfance difficile

CONFIDENCES L’actrice Isabelle Adjani a passé son enfance avec un père trop autoritaire et une mère passive…

A.D.

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Isabelle Adjani au 71e Festival de Cannes.
Isabelle Adjani au 71e Festival de Cannes. — SYSPEO/SIPA

Des confidences sur son enfance. Dans le numéro daté du 18 juillet des Inrocks, Isabelle Adjani raconte sa jeunesse difficile. « C’était très dur », avoue Isabelle Adjani.

Son père, Mohammed Chérif Adjani, engagé à l’âge de seize ans dans l’armée française durant la Seconde Guerre mondiale, n’a que 18 ans quand il rencontre sa mère, Emma Schweinberger, 25 ans, en Allemagne. Le jeune Français d’origine kabyle est en Allemagne dans le cadre de son service militaire et décide d’emmener Emma en France avec lui.

« Elle a été emmenée, presque enlevée »

« Ma mère n’avait pas de profession. Elle a été emmenée, presque enlevée, quand elle avait 25 ans, par mon père qui en avait 18. Ils étaient très beaux. Elle avait déjà deux petits enfants. Il l’a convaincue de le suivre, s’est fait menaçant pour arriver à ses fins… Elle était une otage, une otage qui n’a pas pu pardonner à son ravisseur », raconte-t-elle.

Isabelle Adjani n’entretient pas de bonnes relations avec son père. « Tout au long de mon enfance et de mon adolescence, il m’a demandé de baisser les yeux devant les hommes, de ne pas me faire remarquer, de ne pas montrer ce que je ressentais », confie l’actrice. Et d’ajouter : « Du coup, ce métier que je me suis retrouvée à faire était une effraction incroyable. »

« Elle n’avait pas d’ambition spéciale pour moi »

Les relations avec sa mère ne sont pas simples non plus. « Elle n’avait pas d’ambition spéciale pour moi. Par rivalité dans le féminin. Elle n’avait pas réussi sa vie de femme, et elle ne devait pas trouver juste que je réussisse la mienne. Ma féminité a été quelque peu malmenée, continue Isabelle Adjani. Elle m’a retirée de mon cours de gym, après m’avoir retiré de mon cours de danse… Puis de musique », raconte l’actrice.

Son seul réconfort ? La culture. « J’ai vite compris que j’étais en danger. J’ai ressenti que j’allais m’enfuir par le théâtre, la littérature. Et j’ai continué à croire qu’il fallait rêver pour survivre. »