VIDEO. Pourquoi «Une pluie sans fin» a tous les ingrédients d'un bon polar chinois

POLAR Grand Prix du Festival de Beaune, « Une pluie sans fin » brosse un portrait peu reluisant de la Chine de 1997…

Caroline Vié

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Une pluie sans fin de Dong Yue
Une pluie sans fin de Dong Yue — Wild Bunch
  • Ce polar très noir permet de suivre un détective fasciné par des meurtres de femmes jusqu’à l’obsession.
  • Le réalisateur Dong Yue brosse un tableau sinistre et fascinant d’une Chine corrompue.
  • Ce premier film surprend par sa virtuosité.

En tant que chef de la sécurité d'une vieille usine, il ne fait pas bon se prendre de passion pour une série de meurtres commis sur des jeunes femmes. Surtout  quand la police piétine...

Dong Yue centre l’action de Une pluie sans fin en 1997 juste avant que Hong Kong soit rétrocédée à la Chine. C’est sous un crachin quasi permanent que son héros tente de coincer sa proie dans une ville où progresse le spectre du chômage. « J’avais besoin d’écrire une histoire pour tenter de percer à jour la vérité cachée des choses », explique le cinéaste dans le dossier de presse.

Le film dresse le tableau d'un pays en temps de crise

Récompensé par le Grand Prix du Festival de Beaune, ce polar fait penser à A Touch of sin d'un autre cinéaste chinois, Jia Zhang-ke, par sa façon, glaciale et virtuose, de livrer un tableau de son pays en temps de crise. Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle ce film est lui aussi profondément chinois. 20 Minutes explique pourquoi.

Fans de #JeudiPolar : ne loupez pas #UnePluieSansFin le 25 juillet au cinéma !

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La bureaucratie écrase l’individu

La fierté du héros quand il reçoit une médaille remise par des dignitaires du Parti montre à quel point il est entré dans le moule d’un système impitoyable. Cette scène, que la mise en route impromptue d’une machine à neige fait basculer vers le burlesques, se moque des communistes chinois.

Une bonne partie de la population rêve de s’expatrier

Le contexte politique et économique n’a rien de joyeux pour les habitants de cette petite ville industrielle. Tandis que le tueur poursuit son œuvre sanglante, les gens rêvent de Hong Kong qui semble aussi riche qu’inaccessible. La jeune femme que le policier prend sous son aile n’a d’autre désir que de partir pour y installer un salon de coiffure.

La corruption est présente à tous les niveaux

Certes, la corruption est souvent une composante essentielle des films coréens comme Memories of Murder, auquel le film fait parfois penser, mais elle prend une dimension différente en Chine. Le héros doit composer non seulement avec la police mais aussi avec des apparatchiks qui n’hésitent pas à la congédier quand ils ne peuvent plus l’exploiter.

Noir, c’est noir (et il n'y a plus d’espoir)

Même les polars les plus sombres du Japonais Takeshi Kitano donnent l’impression d’être d'aimables comédies comparés à Une pluie sans fin. Les décors sinistres et détrempés de la province de Hunan, comme les logements misérables des personnages, montrent un pays en totale déliquescence.

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