VIDEO. Et si «Dark River» réveillait la fermière qui sommeille en vous?

DRAME « Dark River » communique des désirs de champs et de pâturages, malgré la vie difficile des éleveurs britanniques du film…

Caroline Vié

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Ruth Wilson dans Dark River de Clio Barnard
Ruth Wilson dans Dark River de Clio Barnard — Ad Vitam
  • La réalisatrice britannique du « Géant égoïste » fait partager les épreuves d’une jeune femme revenant dans la ferme de son enfance.
  • Ruth Wilson joue l’héroïne confrontée à l’hostilité de son frère.
  • « Dark River » montre bien dans son film à quel point la vie des éleveurs peut être difficile.

Le choc est rude. Quand l’héroïne de Dark River revient dans sa ferme natale du Yorkshire pour y récupérer l’arpent de terre que son père lui a légué, elle se retrouve face à son frère, qui s’est occupé de l’exploitation et du papa malade depuis des années, et qui estime que le domaine lui revient de droit.

Cette chronique familiale et rurale réalisée par Clio Barnard est si puissante qu’elle pourrait donner envie de partir au grand air avec Ruth Wilson vue récemment dans la série The Affair et dans How to To Talk to Girls at Parties. Envie, enfin pas forcément…

Pourquoi on aimerait être avec elle

La réalisatrice du Géant égoïste a une façon très sensuelle de filmer la terre et ses travaux. Et l’actrice Ruth Wilson s’est inspirée d’un chien de son entourage pour composer son rôle de femme qui se réapproprie sa vie d’éleveuse. « Le chien était terrifié dès qu’il était entouré d’humains, mais oubliait sa peur au milieu de moutons », dit-elle dans le dossier de presse. On admire et on envie sa façon d’oublier ce qui l’entoure et de se laisser happer par son travail. On irait presque lui donner un coup de main au milieu de ces paysages sublimes. Sa redécouverte progressive de la vie des champs est montrée dans sa beauté comme dans sa dureté.

Pourquoi on n’est pas plus mal ailleurs

Dureté, c’est le mot. Déjà la ferme, c’est un boulot rude, mais les rapports chaotiques entre l’héroïne et son frangin ne facilitent rien. « Le naturalisme ne rend pas toujours justice à l’âpreté de la vie », insiste Clio Barnard. Cette adaptation des Silences, roman de Rose Tremain paru aux éditions JC Lattès, montre à quel point il faut payer de sa personne pour survivre et faire vivre son exploitation. Clio Barnard prend son sujet à pleines mains sans rien cacher des sacrifices qu’implique cette existence.

Pourquoi le cinéma est un bon compromis

Ce film terrien et fort fait partager les épreuves de son héroïne avec une sincérité aussi évidente que remarquable. Clio Barnard montre la vie quotidienne de petits exploitants étouffés par un système épuisant. Par-delà, le tableau d’une famille affligée de traumas du passé, c’est une Angleterre paupérisée qu’elle décrit dans cette œuvre puissante. Ses héros sont, avant tout, des victimes parvenant à garder leur dignité dans l’adversité. Dark River emporte le public dans son flot sans pour autant le noyer dans le misérabilisme.