VIDEO. «Paranoïa»: Steven Soderbergh distille l'angoisse à coups d'iPhone

THRILLER Le réalisateur de « Logan Lucky » explique pourquoi il a tourné son nouveau film, « Paranoïa », avec des téléphones portables…

Caroline Vié

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Claire Foy dans Paranoïa de Steven Soderbergh
Claire Foy dans Paranoïa de Steven Soderbergh — Fingerprint Releasing / Bleecker Street/20th Century Fox
  • Dans « Paranoïa », Claire Foy incarne une jeune femme incarcérée en asile psychiatrique contre son gré.
  • Steven Soderbergh fait monter le suspense pour savoir si elle est folle ou pas.
  • Il a tourné le film avec trois iPhone, un procédé qui intéresse vivement Claude Lelouch.

Steven Soderbergh n’a jamais autant tourné depuis qu’il a annoncé son départ à la retraite ! « Ma retraite a duré deux mois » explique-il à 20 Minutes alors qu’il vient présenter Paranoïa. Ce thriller autour d’une jeune femme internée dans un asile psychiatrique met les nerfs de spectateur à rude épreuve.

La belle, incarnée par Claire Foy (vue récemment dans la série The Crown) est-elle réellement persécutée ou folle à lier ? Il a fallu trois iPhone au réalisateur de Logan Lucky et de la série The Knick qui l’a fait renoncer à sa retraite pour répondre à cette question. « Tourner avec des téléphones donne une liberté de mouvements incroyable », déclare le cinéaste qui n’a utilisé un appareil photo perfectionné que pour quelques mouvements de caméra sophistiqués.

Le son c’est bon

« Tout d’abord, cela m’a permis de me concentrer sur la performance de Claire Foy en la cadrant au plus près sans m’encombrer d’une équipe lourde », précise-t-il. La comédienne est au centre d’une scène d’action haletante qui fait partager son angoisse au public. « Le seul poste pour lequel nous avons utilisé des moyens professionnels est le son car celui de l’iPhone n’est pas assez bon, insiste le cinéaste. Je sais que le spectateur décroche tout de suite s’il n’entend pas bien les dialogues. »

Le mobile c’est facile

La mobilité de l’outil communique au film une certaine urgence et surtout l’impression d’être enfermé avec l’héroïne. Faut-il croire pour autant qu’il suffit de posséder ce genre de téléphone pour pouvoir réaliser un long-métrage ? « J’ai exploité tout ce que j’ai appris en utilisant du matériel classique, déclare Steven Soderbergh. Le téléphone offre une caméra bon marché, mais il faut prendre le temps d’apprendre à écrire et à découper un film. »

Une leçon pour Claude Lelouch

Steven Soderbergh admet volontiers avoir été influencé par Tangerine de Sean Baker, également filmé avec des téléphones portables, avant de se lancer dans l’aventure. « Nous autres cinéastes sommes toujours à l’affût de nouvelles idées, raconte-il. Je viens de recevoir un message de Claude Lelouch me demandant des détails sur comment on travaille avec des iPhone. Je vais essayer de le voir pendant mon séjour à Paris pour lui donner des tuyaux ». On aimerait pouvoir assister à la leçon.

Un retour au cinéma classique

Steven Soderbergh repassera derrière une vraie caméra très bientôt pour un film sur les Panama Papers. « Tout est une question de sujet. Paranoïa est un drame intimiste qui demandait moins d’ampleur dans la mise en scène qu’un sujet d’actualité comportant plus de personnages » dit-il. La retraite de Steven Soderbergh semble loin derrière lui.