VIDEO. Benoît Poelvoorde: «Le scénario de "Au Poste !" est le premier que je lis depuis longtemps»

INTERVIEW Benoît Poelvoorde et Quentin Dupieux racontent comment ils ont créé le délirant «Au Poste !», irrésistible fantaisie policière...

Caroline Vié

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Grégoire Ludig et Benoît Poelvoorde dans Au Poste ! de Quentin Dupieux
Grégoire Ludig et Benoît Poelvoorde dans Au Poste ! de Quentin Dupieux — Diaphana Distribution
  • Benoît Poelvoorde et Quentin Dupieux travaillent ensemble pour la première fois pour « Au Poste ! ».
  • Ils font partager une nuit de folie dans un commissariat.
  • Grégoire Ludig, Anaïs Demoustier et Orelsan se sont joints à leur délire.

Benoît Poelvoorde rencontre Quentin Dupieux, le réalisateur de Réalité et Wrong Cops, pour Au Poste !, la comédie la plus drôle de l’été. Le premier incarne un flic un brin borné qui fait passer un sale quart d’heure au témoin d’un meurtre (brillant Grégoire Ludig, transfuge du PalmaShow) dans un commissariat. Anaïs Demoustier, Orelsan, Philippe Duquesne et Marc Fraize y pointent aussi leur nez.

Cette fantaisie absurde brillamment écrite et réalisée offre à l’acteur belge l’un de ses rôles les plus délirants depuis C'est arrivé près de chez vous. On pense au Bertrand Blier de Buffet froid devant cette suite de dialogues ciselés et de situations frappadingues où l’absurde règne en maître. Cette nuit passée avec des personnages tous plus fous les uns que les autres fait faire de la gymnastique aux zygomatiques avec autant de finesse que d’intelligence. 20 Minutes a rencontré Benoît Poelvoorde et Quentin Dupieux, devenus très complices.

Que saviez-vous l’un de l’autre avant de vous rencontrer ?

Quentin Dupieux : Comme tout le monde, je savais que Benoît a une palette de jeu monstrueuse. C’est un héros de ma jeunesse car j’ai vu C’est arrivé près de chez vous trois fois de suite à sa sortie. C’est un cliché que de dire que Benoît est un acteur immense.

Benoît Poelvoorde : Tu peux le répéter autant que tu veux... Les compliments me font toujours plaisir…. De Quentin, je n'avais vu que Rubber, un film d’horreur avec un pneu comme héros. Je ne connaissais pas le reste de son travail.

Vous n’êtes pas vexé, Quentin ?

Q. D. : Cela ne me pose pas de problème : je suis heureux que Benoît ait accepté pour le texte et pas pour mon nom !

B. P. : Surtout que ce n’est pas toujours le cas chez moi de dire oui parce que j’aime l’histoire. Je tourne souvent des films juste pour faire plaisir à des potes quitte à me rendre compte trop tard que je me suis embarqué sur des projets nuls. Le scénario de Au Poste ! est le premier que je lis depuis longtemps. J’ai ri comme un fou alors que les scripts m’emmerdent la plupart du temps…

Vous avez bien rigolé sur le tournage ?

B. P. : C’est l’un des tournages les plus studieux que j’ai jamais vécus. Quentin m’a fait bosser comme rarement. Il fallait que je connaisse à la fois mon texte et celui de mes partenaires car tout était calculé avec une précision incroyable. Il n’était pas question de faire le guignol mais plutôt de concentration.

Q. D. : Oui, j’ai mis Benoît au boulot car je l’avais prévenu que ce serait vraiment du travail. Le comique est une question de rythme, comme une partition musicale. Si vous sautez des notes, cela devient inaudible. On ne peut pas se permettre d’approximation.

En quoi « Au Poste ! » est-il différent des comédies qui envahissent nos écrans ?

B. P. : C’est un vrai film écrit et travaillé ! Pas de ceux qui sont vendus comme des yaourts avec des affiches pourries et des bandes-annonces navrantes. Vous savez, ceux dont on se dit : « Mais comment des gens ont-ils pu se réunir pour trouver que c’est une bonne idée de financer ça ? ». Au Poste ! démontre que drôle n’est pas synonyme de bâcler.

Q. D. : J’aimerais, à mon petit niveau retrouver le charme du cinéma populaire comme pour Le Magnifique avec Jean-Paul Belmondo où toute la famille s’amusait ensemble autour d’un scénario délirant. J’aimais ces films distrayants où on ne prenait pas les spectateurs pour des idiots.