VIDEO. «JSA» : Quand le réalisateur de «Old Boy» prédisait l'avenir des deux Corées

GUERRE En 2000, «JSA (Joint Security Area)», qui sort en France pour la première fois, évoquait déjà une situation explosive entre les deux Corées...

Caroline Vié

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JSA (Joint Security Area) de Park Chan-Wook
JSA (Joint Security Area) de Park Chan-Wook — La Rabbia/Les Bookmakers
  • Ce troisième film du réalisateur de « Old Boy » sort pour la première fois dans les salles françaises.
  • Il y brode sur une menace de guerre entre les deux Corées.
  • A la fois thriller et suspense guerrier, le film semble visionnaire 18 ans après sa réalisation.

Les deux Corées sont sur le point de se déclarer la guerre dans JSA (Joint Security Area). Une fusillade dans la « zone commune de sécurité », régie par l’ONU, pourrait compromettre la paix précaire entre les deux pays. Ce troisième film réalisé par Park Chan-Wook en a fait une star dans son pays mais il sort pour la première fois en France dans une version restaurée. Bien qu’il a été réalisé en 2000, cette œuvre forte semble incroyablement visionnaire.

« Mon film traite du sentiment d’instabilité psychologique extrême juste avant qu’une guerre n’éclate, précise le réalisateur de Old Boy et de Mademoiselle dans le dossier de presse. Les deux Corées ont la même inquiétude : que l’autre côté les attaque en premier : toute l’histoire du film est l’expression de cette angoisse. » Qu’il fait partager au spectateur avec sa virtuosité habituelle.

Plus fort que la fiction

« Je voulais que JSA débute comme un film de genre et bascule dans des atmosphères différentes », insiste le cinéaste sud-coréen. Voir ce suspense guerrier aujourd’hui est encore plus fort qu’à l’époque de sa sortie. La construction en flash-back l’aide à flirter avec un humour absurde qui n’a pas vieilli tandis qu’il nous renvoie à une actualité récente. Les images véridiques de la défection d'un soldat nord-coréen le 13 novembre 2017 font clairement penser à JSA.

Deux contrées fratricides

Par-delà une intrigue passionnante et une mise en scène virtuose, c’est l’histoire des deux contrées aux tendances fratricides que Park Chan-Wook revisite. Plus que jamais, il détaille la psychologie humaine en choisissant de s’attarder d’avantage sur les mobiles des meurtres que sur l’identité des tueurs qu’il dévoile très vite. Une façon singulière de prendre le public dans ses rets et de le passionner pour cette tragédie géopolitique.