VIDEO. Décès de l’un des créateurs de la bande originale d'«Un Indien dans la ville»

DISPARITION L’artiste d’origine ougandaise Geoffrey Oryema est décédé des suites d’un cancer Lorient à l’âge de 65 ans…

Floréal Hernandez

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Geoffrey Oryema, l'un des compositeurs de la bande originale du film «Un Indien dans la ville».
Geoffrey Oryema, l'un des compositeurs de la bande originale du film «Un Indien dans la ville». — JOHN MACDOUGALL / AFP
  • Avec Manu Katché et Tonton David, il avait créé le groupe KOD qui avait participé à la BO d'Un Indien dans la ville
  • Geoffrey Oryema a également travaillé avec Alain Souchon, Peter Gabriel et sa musique choisie par Michel Field pour le générique de son émission Le cercle de minuit.

Chacun sa route est l’une des chansons de la BO d’Un Indien dans la ville (chantée par Tonton David). Celle de Geoffrey Oryema s’est arrêtée à Lorient (Morbihan) à l’âge de 65 ans. L’artiste d’origine ougandaise avait co-composé avec Tonton David et Manu Katché la bande originale du film d’Hervé Palud.

Installé en France depuis une quarantaine d’années, il est décédé des suites d’un cancer, a annoncé sa compagne Régine Martz. Arrivé clandestinement en France en 1977 après l’assassinat de son père ancien ministre de Milton Obote contraint de rester à son poste par le dictateur Idi Amin Dada, Geoffrey Oryema avait obtenu la nationalité française et déclarait en 2002 : « Je ne pourrais plus vivre ailleurs qu’en France, ce pays m’a tendu les deux bras ».

Sa carrière avait été soutenue dans les années 1990 par Peter Gabriel, qui lui avait fait enregistrer son premier album Exile, dans ses studios Real World en Angleterre, a rappelé sa compagne. Ses deux albums suivants avaient été enregistrés dans ce même studio.

Victoire de la musique pour Un Indien dans la ville

Anglophone, il s’était mis au français et avait écrit des chansons dans cette langue, enregistrant en 1996 un duo avec Alain Souchon (Bye bye lady Dame). L’une de ses chansons Yé lé lé avait été choisie par Michel Field pour le générique de son émission Le cercle de minuit. Ce morceau avec son chant poignant et mélancolique était devenu l’une de ses œuvres les plus connues.

Il avait remporté en 1996 une Victoire de la musique alors qu’il faisait partie du groupe KOD (Manu Katché, Oryema, Tonton David) pour sa participation à la bande originale d’Un Indien dans la ville.

Si l’influence de son pays était sensible dans des mélodies habillées par le lukeme ou sanza, petit piano à pouce, Oryema revendiquait volontiers par ailleurs l’héritage du rock. Son dernier album From the heart était sorti dans les bacs en 2012.

Ses cendres dispersées en Ouganda

« C’était un grand humaniste. Il a donné son nom et son soutien en 2016-2017 à un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile à Bobigny », a rappelé sa compagne. Le musicien s’est aussi beaucoup impliqué contre l’enrôlement des enfants dans les luttes armées. A ce titre, il a été invité à deux reprises à l’ONU à New York.

Une cérémonie religieuse devrait avoir lieu vendredi ou samedi prochain à Ploemeur (Finistère), où il résidait. Ses cendres seront ensuite dispersées à Anaka en Ouganda, terre de ses ancêtres dans le nord de l’Ouganda qu’il évoque dans sa chanson Land of Anaka.