VIDEO. Jennifer Jason Leigh: «Jouer les potiches? J'aime mieux rester chez moi avec mon fils et mon chien»

RENCONTRE La comédienne a profité de son passage au Champs-Elysées Film Festival pour évoquer sa carrière et la place des femmes à Hollywood…

Caroline Vié

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Jennifer Jason Leigh dans Les huit salopards de Quentin Tarantino
Jennifer Jason Leigh dans Les huit salopards de Quentin Tarantino — SND
  • Jennifer Jason Leigh est invitée d’honneur au Champs-Elysées Film Festival.
  • L'inoubliable garce des « Huit salopards » de Quentin Tarantino soutient le mouvement MeToo.

Jennifer Jason Leigh, vue récemment dans Annihilation sur Netflix, est invitée d’honneur du Champs-Elysées Film Festival où elle a animé une masterclass.

Citée à l' Oscar en 2016 pour son personnage de garce manipulatrice dans Les Huit salopards de Quentin Tarantino, la comédienne n’aime ni le soleil (elle insiste pour rester en intérieur et tirer les rideaux), ni la langue de bois. C’est une femme de peu de mots, mais ceux qu’elle prononce sont bien sentis.

Ennemie de l’eau tiède

« Je déteste l’eau tiède dans mes choix de rôles, déclare-t-elle à 20 Minutes. Jouer les potiches au cinéma ? J’aime mieux rester chez moi avec mon fils et mon chien. » La dame met en pratique ce qu’elle dit, enchaînant les films indépendants comme Palindrome de Todd Solondz où, en 2004, elle incarnait une gamine de 12 ans confrontée à un irrépressible désir de grossesse.

Ennemie du « tout public »

Son seul regret ? Ne pas pouvoir montrer son travail à Rohmer (son fils de 8 ans, ainsi prénommé en hommage au réalisateur français Eric Rohmer). «Anomalisa de Charlie Kaufman, le seul film d’animation que j’ai tourné n’est pas vraiment pour les enfants, mais c’est l’un de ceux que je préfère dans ma filmographie. » Il est vrai que cette chronique douce-amère de 2015 sur fond de sexualité désespérée n’est pas « tout public ».

Jennifer Jason Leigh au Champs-Élysées Film Festival @champselyseesfilmfest

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Ennemie de la paresse

Pour Jennifer Jason Leigh, chaque rôle nécessite beaucoup de recherches et une préparation minutieuse, même s’il est court. « Je dois tenir ça de ma mère scénariste, une femme forte extrêmement perfectionniste », avoue-t-elle. Le plus fort qu’elle ait fait : réaliser un vrai tatouage pour Synecdoche, New York. « Cela me fait drôle de penser que la personne m’a toujours dans la peau », reconnaît-elle.

Amie de #MeToo

Cette comédienne au caractère bien trempé estime que sa carrière est due à un mélange de chance et travail. « Les deux sont indissociables, car les actrices dépendent du désir des cinéastes et il faut bosser pour se faire désirer, se souvient-elle. J’ai eu du bol d’avoir du choix car certaines consœurs ont dû jouer les utilités pour survivre. » Elle voit les mentalités changer progressivement, ce qui la réjouit.

« La façon dont les actrices sont considérées est en train d’évoluer et les choses ne vont pas revenir en arrière : le mouvement #MeToo n’est pas qu’une mode, martèle-t-elle. Il fera du bien aux femmes dans le cinéma comme dans les autres professions. »