VIDEO. Bruno Podalydès: «Bécassine n'est pas une idiote, elle a juste gardé une part d'enfance»

COMEDIE Bruno Podalydès évoque son film «Bécassine!» pour «20 Minutes» et revient sur l'appel au boycott que cette adaptation a provoqué...

Caroline Vié

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Emeline Bayart dans Bécassine de Bruno Podalydès
Emeline Bayart dans Bécassine de Bruno Podalydès — Anne-Françoise Brillot/UGC Distribution
  • « Bécassine ! » est une comédie toute en tendresse.
  • Rien dans le film ne permet de dire qu'il manque de respect à la Bretagne ou aux Bretons.
  • Par contre, il est vrai que Bruno Podalydes livre un film joyeusement farfelu aux émotions à fleur de peau.

Bécassine ! revit, comme le prouve le point d’exclamation qui accompagne le titre du film.  Bruno Podalydès donne une nouvelle vie à l’héroïne de Caumery et  Émile-Joseph-Porphyre Pinchon incarnée par  Emeline Bayart, une vraie révélation même si le réalisateur l’avait déjà dirigée dans Adieu Berthe ! et Bancs publics.

Karin Viard, Josiane Balasko, Vimala Pons, Denis Podalydès et le réalisateur lui-même épaulent la comédienne dans cette fantaisie tendre qui voit Bécassine s’installer dans le château d’une comtesse farfelue pour s’occuper de la petite orpheline Loulotte. « Je voulais faire un film bienveillant pour les enfants et pour les adultes qui n’ont pas encore tout à fait grandi », explique le cinéaste à 20 Minutes.

Bécassine, c’est sa copine !

Bruno Podalysdès a conçu le film autour d’Emeline Bayart. « Elle a un côté à la fois terrestre et gracieux, deux choses qu’on associe rarement qui me semblaient idéales pour le personnage », précise-t-il. Sa Bécassine est douce et sensible mais elle n’a rien d’une imbécile. « Non, Bécassine n’est pas une idiote, martèle-t-il. Elle a juste gardé une part d’enfance dont elle garde l’esprit créatif. » Les inventions de l’héroïne - notamment un système pour faire cuire les œufs durs - dénotent d’une grande ingéniosité.

Pas de polémique !

Bruno Podalydès est tombé de sa chaise quand il a découvert qu’une poignée d’indépendantistes bretons appelait au boycott de son film. « Je ne refuse pas le débat, précise le réalisateur. Mais comme ils refusent de voir le film, il n’y a aucun moyen de discuter et de leur démontrer qu’ils se trompent à son sujet. » Pour l’avoir vu, 20 Minutes peut l’assurer : il n’y a rien d’irrespectueux pour la Bretagne (qui n’est même pas mentionnée) ou les Bretons dans cette comédie. « Certains sont bloqués sur un principe, soupire Bruno Podalydès. Je tiens à préciser que les protestataires sont minoritaires, car j’ai été très bien accueilli lors des avant-premières bretonnes. »

Et la tendresse bordel !

Oublions donc la polémique. Ce qu’on retient de Bécassine !, c’est la tendresse qui se dégage de personnages joyeusement frappadingues. Même le méchant (incarné par Bruno Podalydès en délicieux marionnettiste escroc) ne l’est pas tout à fait. « On s’adoucit en prenant de l’âge, insiste-t-il. Il était temps pour moi de faire un film où les gens n’ont pas peur de se dire qu’ils s’aiment. » Les émotions affleurant dans ce conte font passer les spectateurs du franc sourire aux larmes sincères.

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