VIDEO. «A genoux les gars»: Ce que les jeunes (et les moins jeunes) vont apprendre sur la sexualité

COMEDIE Le réalisateur Antoine Desrosières s'amuse avec clichés sur la sexualité des jeunes pour livrer une comédie féministe, ode au plaisir décomplexé...

Caroline Vié

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Inas Chanti et Souad Arsane dans A genoux les gars d'Antoine Desrosières
Inas Chanti et Souad Arsane dans A genoux les gars d'Antoine Desrosières — Rezo Films
  • « A genoux les gars » parle librement de la sexualité des jeunes.
  • Le réalisateur de « Haramiste » livre une fantaisie crue et féministe.
  • Ses actrices ont participé à l’élaboration du scénario.

Antoine Derosières semble s’être bien amusé à réaliser A genoux les gars, fantaisie coquine révélée dans la section Un certain regard du dernier Festival de Cannes. Comme dans sa précédente comédie Haramiste, il y explore la sexualité des jeunes en termes crus mais choisis avec la complicité des mêmes comédiennes Inas Chanti et Souad Arsane, qui ont cosigné le scénario.

« Il y a une certaine poésie dans la façon dont mes personnages s’expriment même s’ils ne mâchent pas leurs mots » explique le réalisateur. On éclate souvent de rire devant les réactions de deux sœurs confrontées à des garçons machos. Les filles apprennent de leurs erreurs dans cette comédie. « Mon film est résolument féministe », insiste le cinéaste.

Sucer ou ne pas sucer ?

Au début du film, l’une des héroïnes se laisse manipuler par les arguments de son petit ami afin d'offrir une gâterie au meilleur ami de ce dernier. La fellation est au centre des préoccupations de ces messieurs, bien davantage qu’un rapport partagé. Quant à la réciprocité, les demoiselles peuvent s’asseoir dessus (au figuré). Jusqu’à ce qu’elles décident de prendre les choses en main. « Mon film s’adresse plus particulièrement aux jeunes que j’aimerais voir réfléchir sur ces sujets », explique le réalisateur.

Ne pas avaler n’importe quoi

Les actes les moins reluisants peuvent être relayés sur les réseaux sociaux et ouvrir la porte à un chantage aussi scandaleux que douloureux pour la victime. « Cette mise en garde est l’un des points importants du film : il faut que les jeunes apprennent à être vigilants sur ces sujets », précise Antoine Desrosières. L’adolescente paye cher sa crédulité, mais elle ne se laisse pas longtemps terrasser.

Montée des marches avec l’équipe du film #Cannes2018 #AGenouxLesGars

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Manger sa revanche froide

La vengeance des filles sera terrible et en révélera peut-être beaucoup aux garçons sur leur propre sexualité. « Aujourd’hui, le sexe est souvent considéré comme un rapport de forces, surtout chez les jeunes, insiste Antoine Desrosières. Il y a encore un long chemin à parcourir pour faire évoluer les choses. » La nouvelle génération se libère gaillardement dans cette ode au plaisir décomplexé où chacun(e) finit par s’éclater.

Le plaisir et le rire sans tabou

Les acteurs ont improvisé en atelier avec le réalisateur et sa collaboratrice Anne-Sophie Nanki pour donner vie à ce vaudeville façon nouveau millénaire. « Le rire bouscule les stéréotypes et balaye les tabous : c’est une bonne façon d’aborder ces thèmes délicats », dit Antoine Desrosières. Le film prône une sexualité libre où les femmes peuvent aussi faire valoir leurs désirs en bonne compagnie. Debout les filles pour A genoux les gars !

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