VIDEO. «Une prière avant l'aube»: Le film qui vous envoie directement en prison

BIOPIC «Une prière avant l'aube» immerge le spectateur dans le quotidien d’un boxeur incarcéré dans une prison thaïe. Ce que montre le film dépasse l'entendement, mais ce n'est rien par rapport à la réalité.

Caroline Vié

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John Cole dans Une prière avant l'aube de Jean-Stépahne Sauvaire
John Cole dans Une prière avant l'aube de Jean-Stépahne Sauvaire — Wild Bunch
  • « Une prière avant l’aube » raconte l’histoire vraie de Billy Moore, un boxeur anglais détenu dans une prison thaïe.
  • Le cinéaste Jean-Stéphane Sauvaire immerge le spectateur dans sa réalité la plus crue.
  • Le véritable Billy Moore, que l'on voit dans le film, est retombé dans la délinquance après le tournage.

Le spectateur s’en prend plein la figure dans Une prière avant l’aube de Jean-Stéphane Sauvaire. Et même si l’expérience est moins douloureuse que pour Billy Moore, détenu dans une prison thaïe à la fin des années 2000, elle n’en est pas moins intense pendant la projection.

Le réalisateur de Johnny Mad Dog (2008) raconte les véritables épreuves subies par le boxeur anglais (incarné l’impressionnant Joe Cole, vu dans la série Peaky Blinders) pendant ses deux ans d’incarcération en Thaïlande pour une affaire de drogue. « J’ai souhaité que le film soit viscéral, à la première personne », explique le réalisateur sur le site du Festival de Cannes où le film a été présenté en Séance de minuit en 2017 avant d’être redécouvert à Beaune cette année.

Entre réalité et fiction

Cette immersion, le public la ressent immédiatement. « Mon approche cinématographique étant très réaliste, je trouvais que l’opportunité était belle de mêler récit traditionnel et documentaire pour raconter cette histoire », précise Jean-Stéphane Sauvaire. Du premier, il a gardé un scénario bien structuré auquel Billy Moore a ajouté son grain de sel. Pour le second, il a fait appel à de nombreux acteurs non professionnels, anciens prisonniers pratiquant la boxe. Seul Vithaya Pansringarm, révélé en justicier sadique dans Only God Forgives de Nicolas Winding Refn, n’est pas un inconnu.

En immersion totale

Dès le début du film, le cinéaste plonge le public dans un maelström de sons et d’images lui permettant de tâter du cauchemar vécu par le héros. « J’avais envie qu’on soit absorbé par le rythme du réel qui n’est pas celui du cinéma », précise Jean-Stéphane Sauvaire. Des plans-séquences anxiogènes et des prises de vues traquant les visages des protagonistes provoquent une impression de vertige et d’étouffement. « L’idée était d’immerger le spectateur en même temps que les acteurs », insiste le cinéaste. Le résultat est impressionnant tant il traduit la violence de la vie carcérale.

Rattrapés par leurs démons

« Je pense que le film a agi comme une thérapie pour une partie du casting », déclare le réalisateur, fier d’avoir engagé d’anciens détenus. Pas pour Billy Moore, qui fait une brève apparition dans Une prière avant l'aube. L’ancien boxeur âgé de 45 ans est retourné à la case prison après un cambriolage. Pas non plus pour Panya Yimumphai, découvert dans le film, qui a suivi le même chemin après être brièvement devenu une star sur les réseaux sociaux. Le cinéma, aussi fort soit-il, se révèle parfois moins puissant que la réalité.