VIDEO. Pourquoi «Mon Voisin Totoro» est le premier film à montrer à ses enfants

ENFANCE Trentre ans que le chef d'oeuvre de Hayao Miyazaki émerveille petits et grands...

Vincent Julé

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Image du film Mon voisin Totoro (1988)
Image du film Mon voisin Totoro (1988) — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

A l’occasion de ses trente ans, Mon Voisin Totoro est ressorti mercredi dans 150 salles en France, avec également un Artbook et l’Anime Comics en librairie chez Glénat pour prolonger la magie à la maison, avec les enfants. Car il faut bien le dire, Totoro est souvent l’un des premiers dessins animés que les parents montrent à leur progéniture un dimanche, en parallèle à un Disney comme Les Aristochats ou Cendrillon.

Pourquoi Mon Voisin Totoro de Hayao Miyazaki est le premier film parfait pour les tout-petits, à partir deux ans et demi ou trois ans, en plusieurs fois bien sûr - et donc DVD ? 20 Minutes a demandé à Geneviève Djénati, psychologue et auteure de Psychanalyse des dessins animés à l’Archipel.

Un conte de fées mais pas trop

« S’il emprunte beaucoup au conte de fées, il n’y a pas non plus de château ou de princesse. Mais il y a le trou de lapin d’Alice au pays des merveilles. Et le fonctionnement est le même, l’enfant en prend et en laisse, s’il ne comprend pas, ce n’est pas grave. Il fait l’expérience de la vie par procuration. »

Entre réel et imaginaire

« Mon Voisin Totoro se situe en fait à la frontière entre le réel et l’imaginaire, ce que j’appelle l’onirique. Le réel ici, même s’il est japonais et donc dépaysant, c’est la peur de la perte de la maman, du papa en retard, écho aux parents qui ne seraient pas là à la sortie de l’école, et donc à tout éloignement. Le dessin animé apporte un gros avantage pour parler de ce genre de choses, même si pour les plus petits, ils ne font pas forcément la différence, ils sont dans l’émotion.

Bruit, pluie, obscurité… la crainte est là, mais la vie triomphe toujours, ce sont les graines que l’on plante, le retour de la maman… L’imaginaire, lui, est ici presque philosophique, à l’image des noiraudes, qui représentent la poussière, la suie, le noir que l’on peut trouver dans les maisons inhabitées, une maison à laquelle les filles vont apporter de la couleur, de la vie. Et bien sûr, il y a Totoro. »

L’ami imaginaire

« Totoro, c’est l’ami imaginaire par excellence, figuration, projection de ce qui pourrait arriver. Il arrive d’ailleurs toujours au bon moment. Et cette forme arrondie est douce, rassurante, bienfaisante, mais pour autant, il est aussi inquiétant avec son sourire, son cri, ses griffes. Il possède une fascinante étrangeté. »

L’apprentissage

« Totoro est un film sur l’apprentissage de l’autonomie. Les sœurs revendiquent l’une après l’autre qu’elles vont y arriver toutes seules. Mais elles auront besoin de Totoro, comme l’enfant devant le film a besoin de ses parents alors qu’ils traversent différentes émotions. Kiki, la petite sorcière et Arrietty, le petit monde des chapardeurs sont deux autres films Ghibli à montrer un peu plus tard, ainsi que Kirikou, le bébé savant, dont le parcours initiatique peut accompagner l’enfant à tous les âges. »