VIDEO. L'argent, vraie raison du départ en retraite d'Hayao Miyazaki, selon un ancien du studio Ghibli

FESTIVAL D'ANNECY Kitarô Kôsaka, venu présenter son film « Okko et les fantômes » en compétition au Festival d'Annecy, s’est confié à « 20 Minutes » sur le départ à la retraite du maître…

De notre envoyée spéciale à Annecy, Caroline Vié

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Okko et les fantômes de Kitarô Kôsaka
Okko et les fantômes de Kitarô Kôsaka — Eurozoom
  • Kitarô Kôsaka présente son film « Okko et les fantômes » au Festival d'Annecy.
  • L'ancien directeur de l’animation pour Hayao Miyazaki s’est confié à « 20 Minutes » sur la retraite du maître…
  • La raison, selon lui: les films coutaient trop cher à faire et la politique perfectionniste du studio n'était plus rentable.

Avant de réaliser Okko et les fantômes, présenté au Festival d'Annecy avant sa sortie le 12 septembre prochain, Kitarô Kôsaka a été directeur de l’animation sur plusieurs films d' Hayao Miyazaki dont Le voyage de Chihiro et Le vent se lève qui aurait dû être le dernier film du cinéaste.

« Diriger mon propre film m’a permis de mieux comprendre Miyazaki-san et les problèmes qu’il pouvait rencontrer pendant ses tournages. Je peux concevoir qu’il en ait eu assez », confie Kitarô Kôsaka à 20 Minutes. Selon Kôsaka-san, l’âge et la fatigue ne seraient pourtant pas les seules raisons pour lesquelles le génie septuagénaire a annoncé son départ. « Je vois la main du producteur Toshio Suzuki dans la façon dont les choses se sont déroulées car c’est lui qui décide de tout en sous-main », précise-t-il.

Trop beau, trop cher

C’est en 2013, à l’occasion d’une conférence de presse à la Mostra de Venise, qu’Hayao Miyazaki a annoncé qu’il se retirait. « La véritable raison de son départ est que ses films coûtent trop cher et que le système perfectionniste du studio Ghibli n’est plus rentable », explique Kitarô Kôsaka. Un grand nombre d’employés engagés à l’année et un trop long temps de production font que les œuvres du maître, comme celles de son ami Isao Takahata, récemment décédé, ne gagnent pas assez d’argent pour satisfaire les actionnaires.

La fin d’une époque

« C’est la fin d’une époque et d’une façon de penser le cinéma d’animation », déclare Kitarô Kôsaka. Le studio a été déserté jusqu’au retour du maître qui s’est remis au travail récemment. « Ce sont maintenant des artistes free lance comme je l’ai été moi-même qui travaillent sur son film pour réduire les coûts. » Au Japon, tout le monde s’est déclaré surpris par le changement d’avis d’Hayao Miyazaki. « C’était la première fois qu’un départ à la retraite était annoncé avec autant de faste, alors on y a cru. »

Une chance pour les autres

L’absence d’Hayao Miyazaki a cependant ouvert la porte à d’autres créateurs comme Kitarô Kôsaka lui-même. « Aujourd’hui, le cinéma d’animation japonais s’exporte de mieux en mieux, dit-il. Même à l’international, le studio Ghibli n’est plus le seul à être reconnu. » Des films comme Okko et les fantômes lui donnent raison : il y a une vie après Ghibli.

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