VIDEO. «Une année polaire» inouïe à l'école des Inuits

COMEDIE Entre documentaire et fiction, « Une année polaire » suit un instituteur danois muté dans un petit village du Groenland…

Caroline Vié

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Une année polaire de Samuel Collardey
Une année polaire de Samuel Collardey — Ad Vitam
  • Pour entremêler réalité et fiction, Samuel Collardey a passé un an dans le village du film avant le tournage du film.
  • Les paysages sont sublimes et le choc des cultures entre le Danois et la population locale est empreint d’humanité.

C’est un dépaysement total qu’offre Samuel Collardey dans Une année polaire. Le réalisateur de L'Apprenti oscille entre fiction et documentaire pour suivre un instituteur danois qui a décidé de se faire muter au Groenland.

L’équipe s'est installé dans le petit village de Tiniteqilaaq où Anders Hvigegaard, solide gaillard, s'est mis en tête d'enseigner à des gamins inuits sans pour autant connaître leurs coutumes. Le cinéaste avait écrit un scénario avec Catherine Paillé, fan du Groenland, et l'ajustait au fur et à mesure des péripéties vécues par son héros. Cela rend la frontière entre fiction et réalité ténue, ce qui contribue à la fascination excercée par le film.

Dans la peau d’un instit

Avec autant d’arrogance que de générosité, le trentenaire débarque ainsi dans la commune de quatre-vingts âmes perdue dans une nature sauvage. L’austérité de la vie quotidienne alliée à l’absence d’enthousiasme d’élèves pas vraiment portés sur la scolarité ne lui facilite pas la besogne. « Ces gens mangent du phoque tous les jours, ils partent chasser l’ours ou le narval, au harpon. Et, en même temps, ils ont tous un smartphone dernier cri, un compte Facebook, et ils sont hyperconnectés », explique le réalisateur dans le dossier de presse.

L’échange, solution d’avenir

Le choc des cultures est au centre de ce long-métrage où, à l’instar du héros, le spectateur s’initie à la vie quotidienne des villageois. « La microsociété, l’isolement des individus, les rapports humains dans ces situations-là m’intéressent, insiste le cinéaste. Cela crée des rapports humains très spécifiques. » De l’agressivité à la compréhension mutuelle, la route est longue et enneigée. Samuel Collardey a passé un an avec les villageois sans les filmer afin de mieux les comprendre. Sa passion pour les Inuits affleure tandis que l’enseignant, véritabl instituteur qui a accepté d'être filmé, comprend progressivement que c’est dans l’échange que réside la vérité.

Pêche, igloo et chiens de traîneaux

Instructif sans être didactique, ce film emporte le public dans des paysages sublimes en lui faisant découvrir comment modernité et tradition ont appris à cohabiter. L’élevage des chiens de traîneaux, les séjours en igloo, les aurores boréales et la pêche dans les glaciers n’auront plus de secrets pour vous à la fin de la projection. Sans jamais tomber dans le paternalisme, Samuel Collardey donne une belle leçon de chaleur humaine avec cette Année polaire. Son film exclut l’exotisme de pacotille pour filmer de vraies gens avec une tendresse communicative.