VIDEO. Fidèle à la BD, «Mutafukaz» fait de belles bulles à l'écran

ANIMATION L'auteur de BD Guillaume « Run » Renard explique comment il a transformé «Mutafukaz» pour réussir son adaptation en film d'animation, doublé par Orelsan…

Caroline Vié

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Mutafukaz de  Shoujirou Nishimi et Guillaume "Run" Renard
Mutafukaz de Shoujirou Nishimi et Guillaume "Run" Renard — Tamasa Distribution
  • « Mutakukaz » pourra séduire les fans de la bande dessinée comme ceux qui ne la connaissent pas.
  • Son créateur l’a portée à l’écran sans faire la moindre concession.
  • Résultat : la confrontation des héros à des extraterrestres belliqueux est brillante.

Avant de devenir un long-métrage brillant et inventif, Mutafukaz est une bande dessinée qui trouve ses fondements dans la culture populaire. Si la série de six albums vient d’être rééditée en Intégrale chez Ankama, le long-métrage ajoute une dimension supplémentaire aux aventures de gamins des rues, doublés par Orelsan et Gringe.

« J’ai toujours rêvé de cinéma », avoue Guillaume « Run » Renard, créateur de la mégapole Dark Meat City et des héros Angelino et Vinz. Son souhait s’est concrétisé pour montrer la course folle du premier, petit black à la tête en forme de boule de bowling, et du second au crâne squelettique et enflammé.

Aucune concession à l’univers graphique

« Pour le film, j’en ai usé comme pour la BD précise Run. Je me suis inspiré des longs-métrages qui m’ont marqué comme Invasion Los Angeles de John Carpenter ou L'invasion des profanateurs. » Les deux mômes sont persécutés par des extraterrestres dont Angelino peut repérer la véritable apparence monstrueuse. « C’est un thème classique, inépuisable, de la science-fiction, », insiste Run qui a réalisé le film en collaboration avec Shoujirou Nishini et le studio japonais 4°C. « Je suis un geek et je l’assume : j’espère offrir quelque chose d’original en multipliant les références », avoue-t-il.

 

Cette belle histoire d’amitié entre des laissés-pour-compte se révèle tour à tour violente, drôle et émouvante dans une cité qui rappelle clairement Los Angeles. « Nous avons pris en considération les fans de la BD mais aussi à ceux qui n’en ont jamais entendu parler, déclare Run. La seule chose sur laquelle je me suis montré intraitable est que je ne voulais faire aucune concession sur l’univers graphique. » Les changements de style et de ton maintiennent le spectateur sur le qui-vive, tant ils tranchent agréablement avec un cinéma d’animation formaté.

A chaque univers graphique son style d’animation

Dans la BD, les différents univers graphiques se signalent aussi par un changement de qualité de papier. « J’ai voulu recréer ce concept dans la version ciné car cela fait partie de l’ADN des livres » insiste Run. Le résultat est excitant en diable. On passe sans transition d’une parodie de jeu vidéo à un hommage à lucha libre (catch mexicain) à un style plus réaliste. La collaboration vocale de Orelsan et Gringe rendent encore plus cool ces aventures passionnantes donnant envie de (re) découvrir les albums.