Le 71e Festival de Cannes en 71 moments pris sur le vif

FLASHBACK Retour sur le 71e Festival de Cannes, ses films, ses stars et ses paillettes, en autant d’instantanés amusants, sincères, émouvants…

De nos envoyés spéciaux Caroline Vié et Stéphane Leblanc

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La montée des marches de Star Wars - Solo à Cannes
La montée des marches de Star Wars - Solo à Cannes — WP#ECAF/WENN.COM/SIPA

Le Festival de Cannes vient de remballer son tapis rouge et de le ranger jusqu’à l’année prochaine. Il est temps de faire le point, de se demander ce qu’il restera de Cannes 2018. Et parce que des images valent mieux que de longs discours, 20 Minutes vous rappelle les 71 moments forts de cette 71e édition du festival.

1. Ils en rêvaient depuis longtemps, ils l’ont fait : Penélope Cruz et Javier Bardem montent enfin les marches ensemble pour Eveybody Knows  d’Asghar Farhadi.

2. Maître de cérémonie touché par la grâce, Edouard Baer fait rire l’un des publics les plus exigeants et prestigieux du monde.

3. La présidente du jury Cate Blanchett annonce d’emblée son intention d’attribuer une Palme d’or à un film qui marquera l’histoire du cinéma.

4. Drôle d’idée de s’obstiner a vouloir s’asseoir dans la salle à côté de Penelope Cruz et Javier Bardem lors de la projection d’Everybody knows. Et drôle d’idée aussi de vouloir  s’inviter à la table de Cate Blanchett lors du dîner d’ouverture. On a quand même essayé.

5. Paulo Branco s’est obstiné de son côté à empêcher la présentation de Don Quichotte en clôture du festival, puis sa sortie en salle. Mais son idée était moins drôle que les notres. Nettement moins.

6. A force de persévérance, après un « petit AVC », une grosse frayeur et une bonne semaine de repos,Terry Gilliam débarque enfin pour projeter son Don Quichotte à Cannes. Lui aussi en rêvait, c’est fait.

7. L’homme qui tua Don Quichotte marque les retrouvailles entre Terry Gilliam et Jonathan Pryce plus de trente ans après Brazil.

8. Moment d’émotion quand  82 femmes du 7e art montent les marches ensemble pour réclamer l’égalité salariale dans le milieu du cinéma.

9. Moment de colère quand 16 comédiennes noires, témoins du livre Noire n’est pas mon métier (Le Seuil), montent les marches pour dénoncer les stéréotypes racistes dans le milieu du cinéma.

10. Moment de stupeur quand Asia Argento, pendant la cérémonie de clôture, dénonce Harvey Weinstein, dont Cannes était le terrain de chasse, et met en garde les violeurs et abuseurs de tous poils.

11. Autre montée des marches spectaculaire : celle qui a plongé les festivaliers au milieu des stormtroopers de l’équipe de Solo: A Star Wars Story.

12. Qui mieux que Disney sait tirer des feux d’artifice sublimes embrasant la mer à l’occasion de la soirée organisée pourSolo: A Star Wars Story ?

13. Le jeune comédien belge Victor Polster affole la Croisette après être apparu en ballerine transgenre dans Girl de Lukas Dhont. L’acteur, bouleversant, et son metteur en scène, très doué, remportent quatre prix dont la prestigieuse Caméra d’or.

14. Vous avez plongé dans la savane avec 20 Minutes et profité de l’expérience immersive Wild Immersion, parrainée par l’activiste Jane Goodall sur la plage du Majestic 71. Et vous aviez l’air content.

15. Vous avez partagé avec 20 Minutes le dîner concocté par le chef Bertrand Grébaut pour son pote Romain Gavras sur la plage Nespresso. Et vous avez particulièrement apprécié l’entrée crème d’aperge-féta râpée-caviar…

16. Vanessa Paradis  a illuminé de son sourire la conférence de presse d’Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez. Et cela faisait plaisir à voir.

17. En invitant en compétition les propositions singulières de Yann Gonzalez, Ryusuke Hamaguchi et David Robert Mitchell, le festival prend un coup de jeune et on s’en réjouit.

18. Le revenant Spike Lee révèle John David Washington, fils de Denzel, dans Blackkklansman où le jeune acteur incarne un Afro-américain infiltré dans le Ku Klux Klan avec ce qu’il faut de désinvolture pour que ce soit drôle.

19. Le jeune réalisateur égyptien A.B. Shawky et sa jeune productrice, dont on apprend qu’ils vivent en couple, présentent seuls Yomeddine, les comédiens du film n’ayant pu embarquer dans leur avion au Caire du fait d’une erreur de visa.

20. Dommage, car on aurait bien aimé rencontrer celui qui incarne le personnage principal, ancien lépreux et acteur non professionnel, qui ensoleille ce premier film.

21. L’actrice chinoise Zhao Tao prend 25 ans dans la vue sans rien perdre de sa grâce et de sa capacité à bouleverser le spectateur dans Les Eternels de son mari Jia Zhang-ke.

22. Marion Cotillard surprend dans le rôle de la maman alcoolique de Gueule d’ange et fait preuve de passion pour défendre ce premier film de Vanessa Filho.

23. Lars von Trier n’est plus persona non gratta à Cannes et on s’en réjouit. Cela n’empêchera pas les légers haut-le-cœur des spectateurs pendant les scènes les plus dures de The House That Jack Built, son portrait de tueur en série.

Lars Von Trier après notre interview #housethatjackbuilt

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24. Lars von Trier hausse les épaules quand on évoque ceux qui l’accusent d’être misogyne. « Il ne faut pas confondre le comportement de mon personnage et mon propre point de vue, soupire-t-il. Il y a beaucoup d’humour dans mon film mais j’ai l’impression que peu de gens le comprennent. »

25. Gaspar Noé jubile en assistant à l’accueil triomphal que les festivaliers réservent à  Climax, chronique réussie d’une soirée qui tourne mal présentée à la Quinzaine de réalisateurs. Le film recevra un prix.

26. Gaspar Noé confie à 20 Minutes avoir réalisé son nouveau film «avec beaucoup de coeur et un peu d'alcool». Cela se voit.

27. Pierre Salvadori réjouit la Croisette avec En Liberté. Cette comédie très réussie, primée également à la Quinzaine, met en scène Félix Moati et Adèle Haenel dans un rôle de femme flic qui entreprend de réparer les torts commis par son mari une fois celui-ci décédé.

28. Paul Dano dévoile Wildlife, son premier long-métrage, à la Semaine de la Critique et semble éprouver beaucoup de joie à parler de la famille dysfonctionnelle du film.

29. Juré à la Semaine de la critique, Nahuel Pérez Bicayart n’a visiblement pas pris la grosse tête après son César pour 120 battements par minute.

30. John Travolta fête les 40 ans de Grease sur la Croisette et avoue qu’il n’a pas vu passer les années après ce film.

John Travolta au Carlton #grease @festivaldecannes

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31. Cédric Herrou, héros du documentaire Libre  de Michel Toesca partage sur la Croisette son combat en faveur des migrants et son coup de gueule contre le gouvernement.

32. Martin Scorsese reçoit le Carrosse d'or des 50 ans de la Quinzaine des réalisateurs des mains de Jacques Audiard, Rebecca Zlotowsky, Vincent Bonello et Cédric Klapisch.

33. Marin Karmitz est tout heureux d’être honoré par Cannes Classics pour Coup pour coup, film engagé qu’il a réalisé en 1977.

34. Les retrouvailles de la petite bande complice du Grand bain de Gilles Lellouche autour de Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde, Philippe Katerine ou Marina Foïs, on rigole.

35. La magie du cinéma, c’est de revoir 2001, L’Odyssée de l’espace projeté en 70 mm, comme à sa sortie, puis voir Stanley Kubrick, la fille du grand Stanley, tomber dans les bras de Christopher Nolan, qui en a supervisé la restauration.

36. C’est aussi de voir Katharina montrer des photos de son papa à Keir Dullea, l’acteur de 2001, L’Odyssée de l’espace.

37. Le réalisateur Guillaume Nicloux profite de la présentation des Confins du monde, à la Quinzaine des réalisateurs, pour déclarer son amour à ses acteurs, Gérard Depardieu de Gaspard Ulliel.

38. Kevin McDonald distille un nombre ahurissant de révélations dans son documentaire Whitney consacré à Whitney Houston, présenté en séance de minuit.

39. Michael Shannon à peine sorti du cauchemar futuriste de Fahrenheit 451, adopte dans la vie un nouveau look, très années 1970.

Le look très années 1970 de Michael Shannon @festivaldecannes

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40. Impossible d’oublier le regard perçant de l’héroïne de Border, film fantastique suédois lauréat du Prix Un certain regard. Duanière de son état, elle a le don de repérer le moindre trafiquant, jusqu’au jour où elle tombe amoureuse…

41. Il a filé comme un feu follet en début de festival. Le couple complice formé par Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste convainc et bouleverse dans Plaire aimer et courir vite de Christophe Honoré.

42. Quand le jovial Benicio Del Toro lance un clin d’œil lors de la soirée d'ouverture, on peut être sûr que le festival sera réussi.

43. Genndy Tartakovsky a pris le temps de rencontrer de jeunes fans cannois pour échanger autour de la saga Hôtel Transylvanie.

44. Tomber par hasard sur Mads Mikkelsen à plage Majestic 71 et s’étonner de sa gentillesse.

45. La gêne de Pawel Pawlikowkski (Ida et Cold War) quand il avoue que sa jambe cassée était due… à une mauvaise chute en montagne.

46. Wim Wenders a mis tout ce qu’il a filmé de lui à l’écran mais garde des souvenirs plein la tête de sa rencontre avec le pape François auquel il consacre un documentaire.

47. Les éclats de rire n’ont pas manqué à la projection d’A genoux les gars! d’Antoine Desrosiéres. Cette comédie sur fond de sextape et de fellation a défrisé la Croisette.

48. La jeune actrice de 17 ans Thomasin McKenzie pourrait bien devenir la nouvelle coqueluche d’Hollywood après avoir été révélée par Debra Granik dans Leave no Trace.

49. Ah !, la coupe de cheveux de Kristen Stewart et ses coups d’œil émerveillés à la présidente du jury Cate Blanchett le jour de la cérémonie d’ouverture…

50. Les acteurs de Leto n’ont pas manqué de rendre hommage au cinéaste russe  Kirill Serebrennikov, que son assignation à résidence a empêché de venir présenter son film.

51. Kairi Jyo et Miyu Sasaki, les deux enfants d’Une affaire de famille étaient tout heureux d’avoir été reconnus dans la rue, quelques jours avant de décrocher la palme pour le film de Kore-eda.

52. Avec Une affaire de famille, le cinéaste japonais Kore-eda réussit ce qu’il fait de mieux : tisser des liens entre les membres d’une famille dysfonctionnelle du bas de l’échelle sociale. C’est délicat, bouleversant et révoltant à la fois : du grand art.

53. Benoît Poelvoorde aussi était tout heureux de nous rencontrer sur la Croisette alors qu’il courait assurer la promotion du Grand bain.

54. Alden Ehreinreich, le nouveau visage d’Han Solo dans Solo - A Star Wars Story de Ron Howard, est un garçon éminemment sympathique.

Alden Ehrenreich alias Solo #soloastarwarsstory @festivaldecannes

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55. On aurait bien mis la main sur le T-shirt et la casquette de Blackkklansman dont Spike Lee a créé le design et qu’il portait fièrement pendant les interviews.

Spike Lee de retour pour #blackkklansman @festivaldecannes

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56. Vincent Lindon est arrivé à Cannes remonté comme un coucou suisse. Il nous a confié avoir enfin trouvé dans En Guerre, un rôle où il apparaît tel qu’il est dans la réalité : obstiné et combatif : « Comme mon personnage, j’aime l’action, la bagarre, ce qui est dur à obtenir, j’aime décrocher des trucs à la force des dents. »

57. Le gardien du Real Madrid, Keylor Navas, a fait une courte apparition pour la promo d’un biopic sur sa vie présentée au marché du film. Et cela a attiré du monde.

58. Un autre joueur du Real, Cristiano Ronaldo, a fait les frais des fantasmes d’un duo de réalisateurs américano-portugais. Leur film Diamantino, primé à la Semaine de la Critique, met en scène la vie d’un goléador de génie dont la vie bascule dans un délire fantastique le jour où il rate un pénalty.

59. Qui a eu l’idée ? Mystère. Toujours est-il que Jean-Luc Godard a fait sensation en apparaissant sur l’appli FaceTime d’un téléphone portable au cours d’une conférence de presse très « spéciale ».

60. Une « Palme d’or spéciale » a été attribuée au même Jean-Luc Godard, un cinéaste en effet très « spécial »

61. Un siège vide dans la salle et une place libre en conférence de presse. C’est le symbole pour donner une présence aux deux cinéastes absents car retenus dans leurs pays respectifs, l’Iran pour Jafar Panahi, la Russie pour Kirill Serebrennikov.

62. Les montées des marches ont, comme chaque année, été émaillées de dizaines de fashion faux-pas

63. Le film italien Heureux comme Lazzaro  émerveille à chaque instant. Par la présence magnétique de son jeune comédien Adriano Terdiolo, le film d’Alice Rohrwacher sur le thème du miracle est aussi un miracle de cinéma.

64. Le film coréen Burning a provoqué une onde de choc et suscité un enthousiasme unanime. Ce qui lui a valu un prix de la critique Fipresci mérité, à défaut de figurer au palmarès de Cate Blanchett qui devait avoir une poutre dans l’œil ce jour-là pour l’avoir laissé filer.

65. Avouons-le, on avait bien envie de consoler Nuri Bilge Ceylan dont le très beau et très long (3h08) Poirier sauvage, présenté en toute fin de festival, a fini d’achever un jury terrassé de fatigue : six films étaient programmés jeudi et vendredi, dont celui-ci en dernier.

66. La performance de l’actrice Samal Esljamova, en immigrée kirghiz contrainte d’abandonner son nouveau-né dans le film russe Ayka tourne à la démonstration de force, façon Rosetta des frères Dardenne. Prix d’interprétation mérité.

67. Après avoir ému toute la Croisette, Zain Al Rafeea, le petit garçon touchant de Capharnaüm, de Nadine Labaki, s’est endormi en pleine conférence de presse. Le film était présenté la veille au soir avec une fête libanaise à suivre.

68. La Palm Dog a été attribuée à l’ensemble du casting canin de Dogman. On a un faible pour le chihuahua congelé au cours d’un cambriolage par des malfrats mal embouchés.

69. Le « cœur rempli de joie comme une pastèque », Roberto Benigni a encore fait le clown au moment de remettre le prix d’interprétation à son compatriote Marcello Fonte pour Dogman.

70. Marqué par une opposition entre deux groupes (les pro et les anti-Spike Lee si l’on a bien compris), le jury aura oublié quelques grands films sans, qu’au final, le palmarès soit marqué par de grossières fautes de goût.

71. On a été tenté, mais on s’est abstenu de piquer la Palme d’or brièvement abandonnée par Kore-eda san à la table du dîner de clôture.