Festival de Cannes: «Dogman» remporte la Palm Dog, «Girl» la Queer Palm, Gaspar Noé primé... entre autres prix

PALMARES «20 Minutes» vous informe, heure par heure, des différents prix décernés avant le palmarès officiel et la Palme d'or révélée autour de 20 heures...

De notre envoyé spécial à Cannes, Stéphane Leblanc

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Dogman de Matteo Garrone
Dogman de Matteo Garrone — LE PACTE

Il y avait pas mal de prétendants à la Palm Dog cette année. Un chien perdu, notamment, dans Le Poirier sauvage du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan et une petite chienne blessée qui allaite ses chiots, et donne par la même occasion à l’héroïne d’Ayka l’envie d’allaiter l’enfant qu’elle envisage d’abandonner, dans le film bouleversant du cinéaste kirghiz Sergey Dvortsevoy.

La Palme dog à « Dogman »

Mais sans surprise, la Palm Dog a été décernée ce vendredi par le jury de journalistes britanniques dirigé par Toby Rose « à l’ensemble du magnifique casting canin de Dogman », le film que Matteo Garrone consacre à un toiletteur pour chiens, dealer occasionnel dans un quartier malfamé d’une grande ville italienne.

L’acteur principal, Marcello Forte, y est formidable, mais les chiens également. Notamment un chihuahua papillon qui aurait bien pu finir congelé par des malfrats sans une intervention risquée du héros.

Le Grand prix de la Semaine de la Critique à « Diamantino »

Le Pékinois imaginaires de la séquence de rêve de Diamantino, le délire footballistique du Portugais Gabriel Abrantes et de l’Américain Daniel Schmidt présenté à la Semaine de la critique, a reçu une mention du jury de la Palm Dog pour « le côté complètement décalé de l’apparition de ses chiens fluffy »…

Le film a également reçu le Grand Prix de la Semaine de la critique des mains d’un jury emmené par Joachim Trier, Chloé Sévigny, Nahuel Perez Biscayart et Augustin Trapenard.

La Queer Palm à « Girl »

La Queer Palm a été décernée « à l’unanimité » à Girl du jeune réalisateur belge Lukas Dhont qui raconte l’histoire vraie d’une adolescente transexuelle (née garçon) qui rêve de devenir ballerine. Dans ce rôle, son premier au cinéma, le jeune Victor Polster, que 20 Minutes avait rencontré au début du festival, est absolument sidérant.

« Ce film marque la naissance d’un grand cinéaste avec un traitement si particulier pour son sujet permettant à chacun de s’identifier », a estimé le fondateur du prix, Franck Finance-Madureira.

Girl a également reçu le prix Fipresci de la critique internationale pour la sélection Un Certain regard.

La critique internationale récompense « Burning »

C’est un film qui avait mis le feu à la Croisette : Burning de Lee Chang-dong reçoit le prix Fipresci de la critique internationale pour les films en compétition. Un film « visuellement étonnant et un commentaire émotionnellement complexe sur la société contemporaine » qui suit le destin fiévreux de trois jeunes coréens. En remettant ce prix, Michel Ciment, le président du jury, a rendu hommage à Pierre Rissient, « un découvreur de talent comme il n’en existera plus », décédé deux jours avant le début du festival, et qui avait conseillé Lee Chang-dong sur ce film.

Gaspar Noé et Pierre Salvadori primés à la Quinzaine des réalisateurs

L’Art Cinéma Award de la Quinzaine des réalisateurs a été décerné à Climax que Gaspar Noé avait confié à 20 Minutes avoir fait « avec beaucoup de cœur et un peu d’alcool ».

Attendu en salle le 19 septembre, Climax renouvelle l’exercice transgressif et subversif en plongeant le spectateur dans une fête privée qui dégénère en chaos absolu.

Dans un tout autre registre, le réalisateur Pierre Salvadori a reçu le prix de la SACD pour En liberté !, avec Adèle Haenel et Pio Marmaï, une comédie hilarante sur une inspectrice de police qui découvre, quand celui-ci meurt, que son mari était corrompu, et qui va tenter de réparer les torts qu’il a commis.

Grand prix Un certain regard pour un film fantastique suédois

Le jury de la sélection Un certain regard, présidé par l’acteur Benicio del Toro, a remis son Grand Prix à Border d’Ali Abbasi, le scénariste de Morse.

Original et puissant, ce film fantastique relate l’histoire d’une douanière dont le flair hors du commun pour déceler les trafics des uns et des autres est mis à rude épreuve quand elle tombe amoureuse… L’intrigue vire très vite au film d’horreur sur la question des frontières géographiques et humaines.

Le Prix œcuménique à « Capharnaüm »

C’est un des films donnés favoris pour la Palme d’or : Capharnaüm commence bien sa journée en recevant le Prix œcuménique.

« A travers l’histoire d’un garçon de 12 ans qui attaque ses parents en justice pour lui avoir donné la vie, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki expose sans concession l’enfance maltraitée et propose un voyage initiatique empreint d’altruisme », a expliqué le jury de ce prix.