VIDEO. Festival de Cannes: «Libre», le documentaire sur le défenseur des migrants Cédric Herrou pour «ouvrir les consciences»

EN «SEANCE SPECIALE» L’agriculteur montera les marches avec des réfugiés juste avant la projection…

Fabien Binacchi

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Cédric Herrou, le 4 janvier 2017 à Nice
Cédric Herrou, le 4 janvier 2017 à Nice — CLAUDE PARIS/AP/SIPA
  • Le film Libre, réalisé par Michel Toesca, est présenté en « séance spéciale » au Festival de Cannes.
  • Le documentaire part à la rencontre des habitants de la vallée de la Roya et des réfugiés qui passent la frontière italienne.
  • Il suit notamment Cédric Herrou, figure de l’aide aux migrants, qui montera les marches avec des réfugiés ce jeudi soir.

Des routes sinueuses de la vallée de la Roya aux marches strictes et rectilignes du Festival de Cannes. Changement de décor, mais pas de combat. Ce jeudi soir, Cédric Herrou, figure de la défense des migrants, foulera (pour la deuxième fois) le tapis rouge.

Mais, cette année, avec un film. L’agriculteur sera sur la Croisette avec plusieurs réfugiés et d’autres personnes, poursuivies comme lui pour délit de solidarité, à l’occasion de la projection d’un documentaire dont il est le « héros ».

Libre, tourné dans cette zone du département des Alpes-Maritimes, frontalière de l’Italie, a été sélectionné en « Séance spéciale ». Un projet militant ? « Non, mais politique oui », rétorque d’emblée le réalisateur Michel Toesca, lui aussi engagé.

« Des gens ordinaires amenés à faire des choses extraordinaires »

Le Niçois, installé depuis dix ans à Saorge, un petit village perché, a tourné plus de 200 heures entre le printemps 2015 et novembre 2017.

« Le but était de filmer la rencontre des habitants et des réfugiés qui arrivent dans la vallée. De montrer la réalité du terrain face à celle de l’administration. Il y a plein de gens qui s’engagent. Plein de gens ordinaires qui sont amenés à faire des choses extraordinaires. Rapidement et logiquement, le film s’est recentré sur Cédric Herrou, explique Michel Toesca. Il n’a jamais lâché l’affaire ». Jusqu’à se retrouver devant la justice à plusieurs reprises.

« Ouvrir certaines consciences »

Le producteur d’olives, condamné en août 2017 à quatre mois de prison avec sursis pour aide aux migrants, a été placé neuf fois en garde en vue. Dans le film, maniant l’ironie, il se présente d’ailleurs comme un « agriculteur délinquant » confronté au « délit de solidarité ».

« Je ne sais pas si le documentaire pourra changer les choses, lâche Michel Toesca. Il faudrait s’attaquer aux accords de Dublin [qui encadrent le droit d’asile]. Mais sans vouloir paraître présomptueux, j’espère que grâce à l’aura du Festival de Cannes, le film permettra au moins d’ouvrir certains yeux et certaines consciences. »

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