Festival de Cannes: Pawlikowski signe «Cold War» et se met en froid avec le gouvernement polonais

COMPETITION Le réalisateur polonais d'« Ida » Pawel Pawlikowski, dont le nouveau film « Cold War » est en compétition au Festival de Cannes, n’est pas apprécié par l’extrême droite au pouvoir dans son pays…

De notre envoyée spéciale à Cannes, Caroline Vié

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Joanna Kulig dans «Cold War» de Pawel Pawlikowski
Joanna Kulig dans «Cold War» de Pawel Pawlikowski — Diaphana distribution
  • Pawel Pawlikowski a reçu un Oscar pour « Ida ».
  • Il vient pour la première fois en compétition à Cannes avec « Cold War ».
  • Le gouvernement polonais n’apprécie pas ses films, mais une partie de la population le soutient.

Malgré sa jambe cassée, Pawel Pawlikowski est serein sur le bateau d'Arte alors que son nouveau film, l’histoire d’amour tragique Cold War est présenté en Sélection officielle. « Je suis tombé sur des cailloux en me promenant en montagne avant le festival, confie-t-il piteusement à 20 Minutes. Désolé de ne pas avoir une explication plus héroïque à donner. »

Ennemi numéro 1

Le réalisateur oscarisé d’Ida n’a pas pris la grosse tête. « Je suis détesté par le gouvernement d’extrême droite au pouvoir dans mon pays, ce qui est paradoxal car cette récompense est une magnifique vitrine pour la Pologne », explique-t-il. Pour autant, le cinéaste ne se voit pas partir travailler ailleurs. « Je ne suis pas menacé physiquement, précise-t-il. Le pays est comme divisé en deux. Et les vrais Polonais, ceux que j’aime, ceux qui sont ouverts et généreux, me soutiennent. » C’est à ces derniers qu’il rend hommage en chanson avec la rencontre d’un musicien et d’une chanteuse dans les années 1950.

Un film avec Mel Gibson

« Ce qui plairait au gouvernement serait que je fasse un film patriotique avec Mel Gibson en héros, plaisante-t-il. Résolu à continuer à défendre son pays dans ce qu’il a de plus beau, Pawel Pawlikowski est fier de le représenter à Cannes avec cette romance en noir et blanc. « Même si le gouvernement se fiche de la culture, il aime bien les chansons patriotiques que chante l’héroïne et a même financé le groupe folklorique de mon film après le tournage », explique-il. Bien qu’il se refuse à l’imaginer, une Palme d’or ferait très bien sur sa cheminée à côté de l’oscar qu’il a reçu pour Ida.