«"Plaire, aimer et courir vite" n'a que l'homosexualité de commun avec "120 Battements par minutes"»

INTERVIEWS Vincent Lacoste et Pierre Deladonchamps évoquent pour « 20 Minutes » la romance qu'ils jouent dans « Plaire, aimer et courir vite » de Christophe Honoré, projeté en compétition à Cannes et sorti en salle dans la foulée…

Caroline Vié

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Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste dans Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré
Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste dans Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré — Jean-Louis Fernandez/Ad Vitam
  • Douze ans après « Les Chansons d’amour », le réalisateur Christophe Honoré fait son retour en compétition.
  • « Plaire, aimer et courir vite » raconte une histoire d’amour passionnée au cœur des années sida.
  • "20 Minutes" a rencontré Vincent Lacoste et Pierre Deladonchamps, les deux protagonistes de ce film bouleversant.

Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste amoureux l’un de l’autre ?  Christophe Honoré a non seulement rendu cette romance possible à l’écran, mais crédible tout court. AvecPlaire, aimer et courir vite, le réalisateur des Chansons d'amour renoue, douze ans après, avec la compétition cannoise.

Deux visages d’Honoré

Un étudiant rennais rêvant de monter à Paris s’éprend d’un auteur célèbre et séduisant que la maladie va bientôt terrasser. « Nous incarnons chacun une facette de Christophe Honoré, explique Vincent Lacoste à 20 Minutes. Je suis celui qu’il était pendant ses études et Pierre représente un mélange de ce qu’il est devenu aujourd’hui et d’écrivains morts du sida qu’il a admiré. » Les fantômes de Jean-Luc Largarce ou de  Bernard-Marie Koltès planent sur ce beau film.

Hors de sa zone de confort

« Mon personnage est cueilli au débotté par ce qui va être son dernier amour, peut-être parce qu’il le rencontre en province, en dehors de sa zone de confort », nous précise Pierre Deladonchamps. Malgré leurs vingt ans de différence d’âge, les deux hommes nouent une relation passionnelle et tendre sous le regard attendri (et un peu envieux) de Denis Podalydès. « Cette histoire est triste mais aussi lumineuse, insiste Pierre Deladonchamps. Car Christophe Honoré n’est pas du genre à tomber dans les lamentations. »

Des acteurs au parfum

Pour les aider à créer leurs rôles, le réalisateur avait offert à ses comédiens un cadeau peu commun. « Il nous a donné des parfums représentant nos personnages, raconte Vincent Lacoste. C’était un cadeau très personnel puisque c’est quelque chose que le spectateur ne peut par percevoir. » Deladonchamps embaumait le vétiver et Lacoste une fragrance proche de celle que Christophe Honoré avait adoptée pendant ses jeunes années. « Comme elle n’existait plus, il a du trouver un parfum approchant. Mais le porter m’a aidé à entrer dans le personnage. »

Attention à ne pas leur parler d’éventuelles ressemblances entre Plaire, aimer et courir vite et 120 battements par minute, découvert l’an dernier sur la Croisette. « Les deux films n’ont comme point commun que de traiter d’homosexualité », martèle Pierre Deladonchamps. Du sida, aussi. « Oui, mais 120 battements insistait sur l’aspect militant, renchérit Vincent Lacoste, alors que le film de Christophe Honoré est avant tout l’histoire d’un premier et d’un dernier amour. » On verra lequel des deux comédiens sera le premier, ou le dernier, à venir chercher son prix d’interprétation samedi 19 mai. A moins qu’ils ne viennent tous les deux.