Festival de Cannes: Pierre Rissient et Ermanno Olmi décèdent peu de temps avant l'ouverture

DISPARITIONS Pierre Rissient est mort dimanche tandis que Ermanno Olmi, Palme d’or 1978, s'est éteint ce lundi...

L.Be. avec AFP
Montage. A droite Ermanno Olmi, à gauche Pierre Rissient
Montage. A droite Ermanno Olmi, à gauche Pierre Rissient — AFP

Deux figures du septième disparaissent à quelques heures de l’ouverture du  Festival de Cannes. Le Français Pierre Rissient est mort à 81 ans, a annoncé dimanche l’Institut Lumière tandis que le grand cinéaste italien Ermanno Olmi, Palme d’or 1978 pour L’Arbre aux sabots, s’est éteint ce lundi, a annoncé le compte Twitter du Festival de Cannes.

« Pierre Rissient est mort cette nuit. Son épouse Yung Hee me demande de vous le faire savoir et, en pensant à elle, c’est avec une infinie tristesse que j’écris ce message. Pierre était un grand être humain et un cinéphile absolu. Nous le pleurons », a tweeté le réalisateur Bertrand Tavernier, président de cet institut.

Un intime de Clint Eastwood


« Pierre Rissient a été un super découvreur de cinéastes, d’un flair, d’une curiosité inestimables. Quand il aidait quelqu’un, il le prenait sous son aile et l’aidait à déployer son art. Il a aimé et soutenu le festival de Cannes, j’en témoigne ici avec émotion et tristesse », a réagi Gilles Jacob, ancien délégué général du plus prestigieux festival de cinéma. Inconnu du grand public, Rissient, qui avait l’habitude d’écumer les festivals du monde entier, était un intime de Clint Eastwood, qu’il connaissait depuis le début des années 1970.

Le Festival de Cannes en deuil

Personnalité incontournable de Cannes, dont il avait été le conseiller artistique, il avait contribué à faire connaître Mean Streets (1973), le film qui a lancé la carrière de Martin Scorsese. À partir des années 1970, il a également fait découvrir au public européen nombre de cinéastes asiatiques, comme Hou Hsiao Hsien, Chen Kaige ou Zhang Yimou.

Rissient est mort deux jours avant le début du Festival de Cannes. Ironie du sort, le festival avait prévu de projeter cette année un film qu’il avait réalisé en 1980, Cinq et la peau, dans sa section Cannes Classics. Ce lundi, le Festival a annoncé une deuxième disparition, celle d’ Ermanno Olmi, Palme d’or 1978 pour L’Arbre aux sabots.


Le film, qui dure près de trois heures, raconte l’histoire de quatre familles de paysans pauvres à la fin du XIXe siècle. Après une absence liée à son état de santé, il est revenu à la réalisation dans les années 1980. En 2005, il a coréalisé Tickets avec Ken Loach et Abbas Kiarostami.