Sélectionné à Cannes, le film kenyan «Rafiki» interdit dans son pays car il parle de lesbiennes

CENSURE Selon le Comité kényan de classification des films, «Rafiki», « légitimerait le lesbianisme au Kenya», alors que l'homosexualité reste criminalisée dans ce pays...

F.R.

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Image extraite du film kényan «Rafiki».
Image extraite du film kényan «Rafiki». — Big World Cinema

Cette année, pour la première fois, un film kenyan sera projeté au Festival de Cannes. Rafiki, réalisé par la cinéaste Wanuri Kahiu, figure dans la sélection Un certain regard. Mais les autorités kenyanes n’ont pas pour autant envie célébrer la bonne nouvelle.

Bien au contraire : le long-métrage, qui raconte une histoire d’amour entre deux femmes, a été interdit de diffusion dans le pays. Selon le KFCB, le comité kenyan de classification du cinéma, « la morale de ce film serait de légitimer le lesbianisme au Kenya » ce qui est en contradiction avec la Constitution du pays.

« Nous pensions que les Kenyans adultes étaient assez matures »

La réalisatrice Wanuri Kahiu a réagi à cette interdiction sur Twitter : « Nous pensions que les Kenyans adultes étaient assez matures et suffisamment capables de faire preuve de discernement pour regarder des productions locales, mais ce droit leur a été dénié. » Elle a également souligné auprès de l’agence Reuters que « les Kenyans ont déjà accès à des films avec des thématiques LGBT, sur Netflix, et via les films étrangers qui sortent au Kenya avec l’autorisation du Comité de classification. »

Ironie de l’histoire, le Comité de classification kenyan a communiqué sur les réseaux sociaux avec le hashtag #KFCBbansLesbianFilm (« Le KFCB interdit le film lesbien ») qui a été repris par des centaines d’internautes pour exprimer leur indignation face à cette censure.

Au Kenya, les relations homosexuelles sont passibles de poursuites en justice avec des peines pouvant aller jusqu’à quatorze ans d’emprisonnement.