L'homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam
L'homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam — Ocean Films

POLEMIQUE

Festival de Cannes 2018. «L’homme qui tua Don Quichotte» de Terry Gilliam sera-t-il interdit de Cannes?

Le producteur Paulo Branco veut faire annuler la projection tandis que les fans commencent à se mobiliser…

  • Un contentieux juridique oppose Terry Gilliam au producteur Paulo Branco.
  • Ce dernier attaque le Festival de Cannes en référé menaçant d’interdire la projection du film et sa sortie le 19 mai prochain.
  • On sera fixé sur le sort de « L’homme qui tua Don Quichotte » le 7 mai prochain.

Les fans de Terry Gilliam se frottaient les mains. Vingt-cinq ans après avoir lancé le projet de L’homme qui tua Don Quichotte, le cinéaste allait enfin triompher des moulins à vent et montrer son œuvre en clôture de Festival de Cannes le 19 mai avant de voir le film sortir en France dans la foulée. Mais la justice pourrait en décider autrement.

Catastrophe en tous genres narrées dans le documentaire Lost in La Mancha puis divers retards de production, avaient freiné le film pendant deux décennies. Aujourd’hui, l’œuvre voit enfin le jour avec Adam Driver dans la peau d’un cinéaste égocentrique et Jonathan Pryce dans celle du chevalier créé par Cervantes après que Jean Rochefort, John Hurt et Michael Palin se sont succédé pour jouer le rôle.

Menacé d’interdiction

Le film existe aujourd’hui et Thierry Frémaux délégué général du Festival de Cannes, l’a sélectionné malgré le contentieux juridique opposant le réalisateur de Brazil à Paulo Branco au sujet des droits du film. Une affaire qui devrait être tranchée par la cour d’appel de Paris le 15 juin prochain.

Faire la clôture de Cannes était une belle façon de mettre fin à la « malédiction » qui semblait planer sur Don Quichotte. Paulo Branco ne l’entend pas de cette oreille : il a assigné le festival en référé et envisage de faire carrément annuler la projection tandis que son avocat s’en prend à Thierry Frémaux sur Twitter qu’il accuse de vouloir passer en force.

Les fans à la rescousse

Des réalisateurs tels l’Iranien dissident Jafar Panahi ou le Russe Kirill Serebrennikov, interdits pour des raisons idéologiques dans leurs pays, parviennent à montrer leurs œuvres à Cannes malgré la censure. Il serait sans précédent de voir un cinéaste privé d’exposition cannoise par le fait d’un producteur.

Les fans désespérés commencent à réagir sur les réseaux sociaux de crainte de ne pouvoir déguster l’œuvre dont ils rêvent depuis des années. Ils en appellent à l’amour de l’art et espèrent que Paulo Branco ne deviendra pas « l’homme qui tua Don Quichotte ». On sera fixé sur le sort du film le 7 mai prochain.