Education: Jean-Michel Blanquer veut développer le recrutement ciblé des professeurs

ENSEIGNEMENT « Les écoles, les collèges et les lycées pourront demander la création de postes à profil échappant à l’affectation aveugle de la machine », a déclaré le ministre de l’Education nationale…

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  • Yojubzh

    "pachyderme préhistorique" comprenez Mammouth en langage macronien...

    • pomlnb

      Je ne comprends pas trop l'analogie. Un mammouth, ça court vite quand même et c'est agile. Je dirais plutôt diplodocus, c'est tellement grand que le temps que le signal passe de la tête aux pieds, ça ne communique pas très bien... Et c'est tellement adaptable que ça s'est éteint, alors que le mammouth aura évolué pour s'adapter au climat, lui. La comparaison n'est vraiment pas très gentille pour le mammouth...

  • pomlnb

    En fait, c'est assez hallucinant que des gens acceptent de diriger un établissement dont ils ne peuvent pas gérer les ressources humaines. Vous imaginez un manager accepter un poste dans le privé sur la base qu'il n'aurait aucun poids dans le recrutement ou même la définition des postes ? Il faudrait être désespéré pour accepter un poste aussi pourri, c'est la recette pour faire un ulcère... Et pourtant, c'est la règle pour tous les chefs d'établissement. Qu'on arrive à en recruter et qu'ils arrivent à faire fonctionner des établissements avec des conditions aussi absurdes tient du miracle...

  • BREIT

    on nous avait décrit un homme capable, on se retrouve avec un bel incapable, quelle déception, nos enfants, nos jeunes méritent mieux que ça.
    Ne pas vouloir se pencher sur le vrai problème et se poser la vraie question, pourquoi cette profession n'attire pas ? il n'aime pas la réponse alors il la contourne.

  • gardiendechiards

    Bonjour le copinage et les passes droits

  • canislupus

    Beaucoup de démagogie et une approche à peine voilée du recrutement à la discrétion des chefs d'établissement. La machine est un pachyderme préhistorique, lourd, manquant de réactivité, et surtout coûteux. Ce n'est pas l'enseignement qui est en cause c'est la gestion.

    • rilayr

      La suite logique vers la privatisation

  • ghjfgltk

    Est-ce qu'il va reprendre la mémé de Macron?

  • Eno33

    Et ainsi... Pourquoi pas Contrôler l'éducation nationale ?! Tous ces arguments... Pour justifier toujours plus de main mise...!

    • mococo31

      N'est-il pas cohérent qu'il y ait un contrôle -une 'main mise' disent certains- de l'Etat sur les fonctionnaires qu'il emploie et qu'il paie? Pour la liberté totale, il faut plutôt aller voir du côté de ce qui est privé. 'En même temps' ;-D, voir la fable de La Fontaine 'Le loup et le chien' ...

    • AbjectionVotreHorreur

      Ne soyez pas naïf, mococo31 : il s'agit, bien au contraire, d'échapper au contrôle. Le système est comme il est, imparfait, mais il a le mérite d'assurer un enseignement public sur tout le territoire. Là, il s'agit d'échapper à ce système, à seule fin de pouvoir caser les copains sans passer par les mutations. Vous croyez réellement que les zones qui en ont le plus besoin en bénéficieront ? Regardez donc ce qui se passe dans les anciens ECLAIR, et dans les actuels REP+, enfin ! Les fameux postes à profil existent déjà dans le supérieur, on les appelle des "postes à moustache", et c'est un désastre.

  • hetiare1

    MOCOCO31, vous devriez avouer que vos études ont été lamentables et que vous avez une dent contre les profs?

    • mococo31

      Ah, si vous saviez! lol

    • mococo31

      @hetiare : C'est un parent d'élève atterré par le niveau de français et/ou le sans-gêne et la désinvolture des certains 'enseignants' qui s'est exprimé. Quand ce sont des jeunes, des élèves, qui sont atterrés, le même parent d'élève se demande ce qu'il se passe dans l'Education Nationale.

    • AbjectionVotreHorreur

      Mococo31, j'ai déjà répondu plusieurs fois à cette remarque, je vous signale. Demandez-vous pourquoi les meilleurs étudiants ne veulent plus les passer, les concours, et pourquoi, dans certaines zones, on se retrouve avec 40% de contractuels (dont, souvent, les recalés des concours). Quand on pense que certains commentateurs viennent pleurnicher après l'agrégation, dans le même temps ...

    • mococo31

      @AbjectionVotreHorreur Vos comm ont, semble-t-il, été affichés après celui-ci. Un décalage de timing, c'est tout. Et parmi les qualités d'un enseignant', il paraît qu'il y a l'égalité d'humeur et la patience pour répéter et ré-expliquer aux élèves qui n'ont pas compris. Dsl que vous vous sentiez importuné, car c'est vrai aussi que vous n'êtes pas ici dans une classe : ne vous croyez pas non plus obligé de faire le taf et de répondre à chaque comm.

    • AbjectionVotreHorreur

      A vrai dire, ce qui est agaçant, c'est que les clichés, les mensonges et les inexactitudes soient sans cesse relayés et amplifiés. Par ceux qui n'y connaissent rien mais on un avis sur tout, c'est une chose ; par les media dont c'est pourtant le métier de se renseigner, c'en est une autre. Ne vous inquiétez pas pour ma patience et mon humeur, l'une et l'autre s'améliorent nettement quand je reprends le travail face à des élèves qui, eux, parviennent à apprendre des choses, et des étudiants qui, eux, ont au moins le bon goût de savoir qu'ils ont des choses à apprendre.

    • pomlnb

      @AbjectionVotreHorreur, ben, il faut dire que le métier ne fait pas très envie, comment voulez-vous attirer des vocations ? Personnellement, même à 6000€ par mois, enseignant, non merci. J'ai plaqué un CDI pour me mettre à mon compte parce que j'en avait marre de la hiérarchie imbécile dans une boite de 100 personnes, avoir le problème puissance 10 n'attire pas vraiment, même bien payé...
      C'est d'ailleurs tout le problème. On parle beaucoup des salaires. Mais si vous ne faites qu'augmenter les salaires, vous allez juste attirer des collègues attirés par l'argent et les congés et qui accepteront d'avaler des couleuvres pour ça.
      A priori, vous occuper un poste "intellectuel supérieur". Il n'y a pas de secret sur ces postes (et sur beaucoup d'autres en fait), la motivation, c'est un mélange de reconnaissance, de liberté, d'autonomie, de sentiment d'utilité, de progression et d'amélioration... Même mieux payé, ça n'attirera pas plus. Surtout que pour attirer des gens qui auraient, par exemple, la capacité de passer l'agrégation de maths (la vraie, pas la version de plus en plus dévalorisée qu'on fait passer maintenant) il va falloir s'aligner sérieusement sur les salaires vu ce qu'on leur propose dans le privé...
      Du coup, je serais curieux de la réforme que vous pourriez proposer pour rétablir tout ça. Bien sûr, une réforme qui ne mettrait pas les syndicats dans les rues. Ni les lycéens. Qui ne ferait pas exploser le budget - les français n'aiment pas les hausses d'impôts. Que les parents d'élèves approuveraient. Qui serait accepté par plus de 50% des députés. Et qui survivrait à un changement de majorité. Allez-y. Si vous êtes capturé, nous nierons avoir connaissance de vos réflexions. Ce message s'auto-détruira dans dix secondes.
      Pour ma part, je pense que c'est un des cas où il vaut mieux jeter le bébé, l'eau du bain et la baignoire et tout reprendre à zéro, ça me parait plus simple que d'essayer de réformer le diplodocus (le mammouth, ça me parait trop agile et véloce comme animal).

  • stopplay

    À quand la suppression de l'agrégation, grosse prime à la fainéantise ?
    Payé beaucoup plus cher tout en travaillant moins et en faisant le même travail que ses collègues.

    • AbjectionVotreHorreur

      En réalité, c'est l'inverse : ce sont les certifiés qui travaillent plus pour moins cher. Historiquement, l'agrégation est le concours de référence. Cela étant, théoriquement, les agrégés sont censés bosser en lycée, et les certifiés plutôt au collège. Mais étrangement, personne ne veut mon poste en REP+ ; alors je le garde. Vous le voulez ? Il y a même des postes libres parce que non pourvus en maths, SVT, techno, physique, et français. Vous postulez ? Si vous savez signer de votre nom, vous avez le poste, parce que c'est ça ou personne. Donc ?

    • mococo31

      Connaisseur ou jaloux? ^^

    • pomlnb

      L'agrégation n'a pas été supprimée dans les faits ? Je veux dire, quand il y a plus de places que de candidats et qu'on baisse chaque années les notes éliminatoires pour réussir à recruter, est-ce qu'il s'agit encore d'une agrégation, qui rappelons le était avant un diplôme élitiste ?
      Il y a les rapports des jurys qui sont publics. Ils sont accablants - des candidats en philosophie qui ne savent pas structurer leurs idées, des candidats en langue qui font des fautes de grammaires affolantes...
      On a certes pas supprimé l'agrégation, mais est-ce qu'elle existe vraiment encore ? Je ne sais pas quand Abjection a eu son agrégation, mais est-ce que son niveau est comparable à celui d'un jeune diplômé. J'ai pas mal d'amis qui ont passé l'agrégation (mais qui n'enseignent pas en lycée), ils étaient brillantissimes. Est-ce que c'est toujours le cas des candidats aujourd'hui ?

    • AbjectionVotreHorreur

      Je ne sais pas où vous avez vu une agrégation qui proposait plus de postes que de candidats, pomlnb. Dans certains CAPES, ça arrive, oui, mais à l'agrégation ? je serais curieux d'avoir des exemples concrets, parce que je n'ai jamais vu le cas. Pour ce qui est des rapports de jury, attention au biais : ils soulignent des aberrations qu'ils ont vues dans certaines copies, ce qui ne signifie évidemment pas qu'elles sont le fait de lauréats ! Tenter l'agreg ne signifie pas la réussir, naturellement.
      Quant aux candidats brillants, enfin, ma foi, je dirais qu'il y en a autant qu'avant. Ce n'est certes pas une garantie pour décrocher l'agreg, pas plus qu'elle n'est une garantie d'intelligence ; en revanche, elle demande un sacré boulot, de tout le monde. Si vous voulez mon avis, si vous cherchez le type brillant, lisez des thèses, et si vous cherchez le type bosseur, l'agreg est là. Elle est une garantie de maîtrise disciplinaire, également, bien plus que le CAPES, ce qui en fait une condition nécessaire quoique non suffisante pour enseigner.

    • pomlnb

      De fait, pour les amis en question, c'était les deux - ils passaient l'agrégation parce que c'est rituel dans le cadre de Normale Sup, on passe l'agrégation "en passant", avant d'aller faire son doctorat. La plupart sont maintenant profs, mais en fac.
      Après, si vous voulez voir de vrais bosseurs, je dirais plutôt médecine ou les ingénieurs du CNAM (ceux capables de passer un diplôme d'ingénieur en cours du soir tout en assurant un boulot la journée). J'avais un collègue dans ce dernier cas, c'était un authentique monstre de travail...
      Après, oui, effectivement, confusion avec le CAPES qui n'attire pas dans certains domaines, comme les maths. Mais pour l'agrégation, c'est quand même pas brillant dans certaines disciplines. Grammaire, 55% de reçus ? Lettres classiques, 40% ? C'est quand même censé être un concours ultra-sélectif (bon, Luc Ferry est agrégé, peut-être pas tant que ça après tout). Surtout qu'il y a en plus une sélection par l'échec - aller passer l'agrégation en maths ou en physique, il faut quand même avoir la vocation, c'est une sacré baisse de salaire, c'est renoncer à sa carrière, à pas mal de libertés !
      Pour les notes des examinateurs, je veux bien croire qu'elles concernent les échecs. Mais bon, généralement quand on présente un examen, c'est quand même qu'on estime avoir vaguement le niveau, non ? On est quand même censé être au niveau d'un Master II pour passer l'agrégation, sauf dérogation il me semble. A ce niveau, on a normalement vaguement compris de quoi parle sa discipline...
      En fait, j'ai du mal à comprendre comment l'agrégation peut encore attirer des gens brillants. Les débouchés sont tellement désespérant. Même pas qu'en terme de salaire, je comprends très bien qu'on puisse renoncer à une portion importante de son salaire pour être mieux dans son emploi, mais aussi en terme de mobilité géographique, de considération sociale, de liberté, d'autonomie, de perspectives d'avenir. Franchement, en dehors du fait que je suis très paresseux donc pas franchement le bon profil, ça ne me viendrait pas à l'idée de passer un truc pareil...

    • AbjectionVotreHorreur

      Bien entendu que vous trouverez des gens brillants et/ou bosseurs ailleurs qu'à l'agreg', je n'en disconviens pas. Médecine n'étant pas le meilleur exemple (le concours de P1 n'est pas difficile en soi, surtout une question de mémoire et de méthode de bachotage, et l'ENC est un examen où l'on a forcément quelque chose au bout). L'agrégation de grammaire est un cas très particulier, avec quelque 10 postes pour à peine 50 candidats, mais le niveau est vraiment très pointu et ne s'adresse qu'à des linguistes, qui sont peu nombreux. Pour les autres agreg', on doit plutôt tourner autour de 10%, à une vache près. Mais attention, encore une fois vous commettez un raccourci en confondant concours et examen ; de plus, tous ceux qui présentent n'ont pas forcément le niveau. D'une part, un master n'est certainement pas (plus) une garantie de maîtrise disciplinaire (cf. les compensations grâce aux UE macramé ou aux UE à acte de présence), et d'autre part on peut être très bon et foirer son concours ou une épreuve d'icelui, tant les sujets sont pointus. Pour parler de ce que je connais, l'agrég' d'histoire, on peut être un excellent historien très pointu sur son sujet de recherche et sa période de prédilection, et se planter dans une épreuve du programme très éloignée de sa spé. L'agreg' est une épreuve à la fois pointue et généraliste, qui convient parfaitement à ce qu'un enseignant doit maîtriser sur un plan scientifique. Elle n'est évidemment pas la plus difficile des épreuves, ni la seule qui demande un gros travail, c'est certain.
      De la même façon, je conçois qu'on puisse ne pas être attiré par cette épreuve et/ou par ce métier. Mais j'aimerais qu'on l'on pût tout aussi bien concevoir que des gens puissent y trouver leur compte. J'aime mon métier, je crois apporter des choses à mes élèves, pour lesquels je me défonce ; pour ne pas stagner intellectuellement et disciplinairement, je conserve un pied dans la recherche et la publication, et l'ensemble me convient très bien. Ce qui n'est certainement pas équivalent à se satisfaire des dégradations des conditions de travail, et de l'augmentations des injonctions absurdes et contradictoires dont l'institution est friande, comme M. Blanquer le démontre si bien depuis dix ans qu'il est aux manettes de l'Education nationale.

    • AbjectionVotreHorreur

      Bien entendu que vous trouverez des gens brillants et/ou bosseurs ailleurs qu'à l'agreg', je n'en disconviens pas. Médecine n'étant pas le meilleur exemple (le concours de P1 n'est pas difficile en soi, surtout une question de mémoire et de méthode de bachotage, et l'ENC est un examen où l'on a forcément quelque chose au bout). L'agrégation de grammaire est un cas très particulier, avec quelque 10 postes pour à peine 50 candidats, mais le niveau est vraiment très pointu et ne s'adresse qu'à des linguistes, qui sont peu nombreux. Pour les autres agreg', on doit plutôt tourner autour de 10%, à une vache près. Mais attention, encore une fois vous commettez un raccourci en confondant concours et examen ; de plus, tous ceux qui présentent n'ont pas forcément le niveau. D'une part, un master n'est certainement pas (plus) une garantie de maîtrise disciplinaire (cf. les compensations grâce aux UE macramé ou aux UE à acte de présence), et d'autre part on peut être très bon et foirer son concours ou une épreuve d'icelui, tant les sujets sont pointus. Pour parler de ce que je connais, l'agrég' d'histoire, on peut être un excellent historien très pointu sur son sujet de recherche et sa période de prédilection, et se planter dans une épreuve du programme très éloignée de sa spé. L'agreg' est une épreuve à la fois pointue et généraliste, qui convient parfaitement à ce qu'un enseignant doit maîtriser sur un plan scientifique. Elle n'est évidemment pas la plus difficile des épreuves, ni la seule qui demande un gros travail, c'est certain.
      De la même façon, je conçois qu'on puisse ne pas être attiré par cette épreuve et/ou par ce métier. Mais j'aimerais qu'on l'on pût tout aussi bien concevoir que des gens puissent y trouver leur compte. J'aime mon métier, je crois apporter des choses à mes élèves, pour lesquels je me défonce ; pour ne pas stagner intellectuellement et disciplinairement, je conserve un pied dans la recherche et la publication, et l'ensemble me convient très bien. Ce qui n'est certainement pas équivalent à se satisfaire des dégradations des conditions de travail, et de l'augmentations des injonctions absurdes et contradictoires dont l'institution est friande, comme M. Blanquer le démontre si bien depuis dix ans qu'il est aux manettes de l'Education nationale.

    • pomlnb

      Notez que je n'ai pas parlé du fait d'enseigner. Il faut faire une distinction entre le métier - enseigner - et le "job" - pratiquer votre métier chez un employeur et dans des modalités données, ici l'éducation nationale avec des enfants. Moi-même, je fais ponctuellement de la formation pour adulte et c'est une activité très agréable. Et j'envisage de monter un cours d'informatique atypiques dans l'école de mon gamin à titre gracieux - parce que hors contrat, bénévole et expérimental, ça implique la liberté dont vous manquez dans votre "job" (ce qui est paradoxal, le métier ne pouvant se faire sans autonomie).
      Pour être clair, je conçois que votre métier soit attirant et il ne me déplairait pas vraiment. Ce que je ne ferais jamais, c'est votre "job" (désolé pour l'anglicisme, je n'ai pas trouvé l'équivalent en français).
      La différence fondamentale, c'est que vous semblez croire que la situation est lié à certains individus, comme Blanquer que visiblement vous n'aimez pas. Personnellement, je pense qu'elle est systématique et, pire, qu'elle n'est pas améliorable.
      L'éducation nationale est un diplodocus. Une administration gigantesque et tentaculaire, où la tête et les membres sont trop éloignés pour pouvoir communiquer correctement. Ce n'est pas propre à l'EN. On l'observe aussi dans le privé : quand une entreprise devient trop grande, elle devient bureaucratique. L'initiative individuelle et l'autonomie disparaissent. Les salariés n'inspirent plus l'admiration ou l'espoir, mais la peur. Et on les noie sous les process, les reporting, les validations, les évaluations pour s'en protéger. Ce qui arrive à l'EN, c'est ce qui arrive à toute entreprise énorme. A moins de réduire considérablement la taille de l'EN et d'augmenter considérablement la compétence moyenne, je ne vois pas vraiment de moyen de corriger ça.
      En plus, c'est un problème qui est amplifié par la nature politique de l'EN. Nature qui n'a rien à voir avec Blanquer, mais qui est par construction même. L'EN, ça intègre beaucoup de volontés contradictoire. C'est un enjeu politique - donc, un terrain d'affrontement entre les partis, qui font et défont aux grès des élections. C'est aussi l'enjeu des populismes - voyez les fantasmes sur l'EN, entre le retour de la blouse, les internats "élitistes" de Sarkozy, les délires de la Manif pour Tous, les infiltrés de la FI dans les lycées et universités... C'est un enjeu de société et d'économie - les employeurs lui demandent de former des travailleurs, les professeurs voudraient former des citoyens, les parents sont juste terrifiés à l'idée que leur enfant joue toute sa vie avec 16 ans... A cela, rajoutez que c'est l'un des plus gros employeurs de France, avec une force présence syndicale (tant coté salariés qu'usagers, parents et enfants).
      Le diplodocus, qui n'est déjà pas très agile, est tiré dans des directions opposées...Je ne pense pas que le système soit réformable, en fait, je ne pense même pas que les français puissent se mettre d'accord pour une direction pour une réforme. Le seul moyen de s'en tirer, ça serait de faire tabula rasa. Et encore, l'Allemagne a pu réinventer son école grâce à sa culture du consensus qui a permis une continuité politique, je doute que ça soit possible en France.

  • stopplay

    À quand la suppression de l'agression, grosse prime à la fainéantise ?
    Payé beaucoup plus cher tout en travaillant moins et en faisant le même travail que ses collègues.

    • AbjectionVotreHorreur

      Suppression de l'agression, n'exagérons rien, il faut bien mériter la prime de risque et faire tourner la médecine du travail dans l'EN. Ho wait ...

  • Banning

    Les derniers de la classe se déchaînent dans les commentaires....

    • mococo31

      Les derniers de la classe essaient sans doute de se renseigner et d'apprendre des choses. Il est peut-être temps, mais est-il jamais trop tard ? ^^

  • Didine883c

    Cela existait il n'y a pas si longtemps, surtout dans le privé (où les profs sont quand même payés par l'EN) ou les lycées pros qui ont besoin de profils très spécialisés mais pas forcement avec BAC+5.

  • mococo31

    ... et qui sachent se tenir correctement devant leurs élèves et devant les parents.

  • mococo31

    Ce serait déjà bien d'affecter partout des instituteurs et des professeurs qui sachent parler et écrire le français correctement.

    • AbjectionVotreHorreur

      Pour cela, il faudrait que les bons étudiants aient envie de passer les concours. Si c'est pour en baver à Pétaouchnok pour 1.2 SMIC en début de carrière sous les crachats du grand public et de la hiérarchie, c'est pas gagné. Si c'est pour ne pas pouvoir exercer correctement son métier en raison d'injonctions stupides et contradictoires de décideurs qui en savent moins que nous sur notre métier et dans notre discipline, c'est encore moins gagné.
      Résultat, on se retrouve avec pléthore de contractuels, pas ou peu formés, dont un bon nombre a raté ces mêmes concours (alors même que tous les postes n'ont pas été pourvus). Plaignez-vous, après ça : à qui la faute ? Vous voulez du pas cher, vous avez du pas cher, voilà tout.
      Et quand les contractuels donnent pleine et entière satisfaction, ils ne sont même pas titularisés correctement, mais CDIsés, ce qui ne les arrange guère.

    • mococo31

      @AbjectionVotreHorreur Tout est pourri (ou en train de pourrir) au royaume de France, si on comprend bien?

    • AbjectionVotreHorreur

      Tout, certainement pas. Vous croyez qu'au lycée du Parc, à Henri IV ou à Fermat, on envoie des contractuels qui ont réussi à rater le concours ? Et, à l'inverse, vous croyez que les postes à profil, c'est pour envoyer les meilleurs dans les zones les plus pourries ? Si vous payez en cacahuètes, ne vous étonnez pas d'attirer des singes. Entre les conditions de travail, le traitement assez moyennasse, et les injures et mensonges d'une partie du public rarement démenties par nos media fainéants, ne vous étonnez pas de ne pas réussir à attirer que des cadors dans l'enseignement. Vous voulez du solide en REP+ ? Rendez la REP+ attractive, pour commencer. Et assez de bêtises : ça commence par un traitement à la hauteur du boulot, et l'arrêt des mensonges et des insultes sur le métier. Deux choses dont on ne verra pas la couleur.
      Quant au sujet de l'article : il faut fluidifier le mouvement, certes oui. Alors commençons par réparer les bêtises de l'innommable Allègre, et rétablissons le mouvement à un tour. Si je suis à Lyon, et que je veux aller à Toulouse, je cours le risque de me retrouver coincé au fin fond du Gers pour quinze ans, vous croyez que je vais lâcher mon poste actuel pour ça ? Le mouvement à deux tours est une stupidité, Allègre a fait n'importe quoi faute de connaître son boulot, et il serait temps de revenir là-dessus. Poste à profil, mon oeil. Aucun courage chez les décideurs, Blanquer moins que les autres, lui qui est aux manettes de l'EN depuis dix ans et qui n'a rien fait hormis quelques coups de com' cette année.

    • pomlnb

      @AbjectionVotreHorreur, et après, vous vous étonnez de la fuite des parents vers le privé, notamment hors contrat ? Dans l'école de mon gamin, le directeur a reçu plus de 200 dossiers cette année - pour 15 places qui se libèrent. Et cette année, il démarre l'ouverture d'un collège et d'un lycée, parce que la demande est très forte...
      Oui, il faut le vouloir pour aller dans le public en tant que prof. Je ne dirais même pas que c'est du courage - le courage, ça suppose que les souffrances et obstacles aboutissent sur une chose désirable. De l'aveuglement ?
      Vous citez les salaires, mais ce n'est même pas le problème principal. Dans l'école de mon gamin, les salaires des éducateurs-instituteurs tournent autours de 1400€ net, pas vraiment plus que dans le public, même si avec l'explosion de la demande les salaires vont monter (le turnover devient un problème en Montessori). Le vrai problème, c'est la construction de la motivation.
      Le salaire ne crée pas de la motivation - si vous gagnez 10 000€ par mois, vous augmenter à 11 000€ ne va pas avoir un effet extraordinaire sur votre motivation. Il enlève juste de la démotivation - vous êtes mal payé et démotivé, on vous augmente, vous êtes un peu moins démotivé. La motivation, pour un poste intellectuel à responsabilité (donc, le votre), c'est aussi l'autonomie, la possibilité de s'améliorer, le sentiment de participer à l'accomplissement d'une vision, le sentiment d'être utile, le respect... J'ai coché combien de cases par rapport à votre poste actuel ?
      C'est la grosse différence. Vous savez qui est maître à bord en Montessori ? L'enseignant. Le directeur fait des ressources humaines, de la gestion, pas de la pédagogie - il n'a pas la compétence pour enseigner, il est juste formé assistant. Le ministre ? On s'en fout, c'est du hors contrat, il y a juste un inspecteur qui vient tous les deux ans pour vérifier qu'on respecte les objectifs. L'académie ? Pareil. Les programmes ? Il n'y en a pas, de toute façon ce sont les enfants qui créent leur parcours. Un enseignant veut innover ? Oui, bien sûr. Un enseignant a un doute ? Ils sont deux par classe. Un enseignant a besoin de se focaliser sur un élève en perdition ? Ils sont deux par classe et le directeur est en soutient pour gérer ponctuellement la classe (d'où la certification assistant).
      Quand je discute avec les enseignants, je n'ai pas des gens au bord du burnout ou blasés ou sous antidépresseurs, j'ai des gens enthousiastes, inspirés, amoureux de leur métier, innovants... Parce qu'ils bossent dans un cadre où ils ont la confiance des parents, le respect de leur hiérarchie et l'autonomie dans leur classe...
      Pour moi, c'est ce qui a déterminé mon choix : les gens qui savent sur le terrain sont aux commandes, avec quand même un cadre pédagogique pour les guider.
      Après, oui, vous parlez du pas cher. Oui, c'est cher - je paye 800€ de frais de scolarité par mois, sur 12 mois. Privé hors contrat, donc 0€ d'aides - l'Etat donne des sous pour avoir une éducation religieuse dogmatique, mais pas pour avoir une éducation laïque alternative, c'est logique... Et il faut mettre la main à la pâte en donnant du temps à l'école pour assurer des activités comme la cantine ou le périscolaire. Après, c'est indexé sur mes revenus, ça va de 90€ à 1200€, avec une moyenne à 500€. 500€ sur 12 mois, ça fait 6000€ par an - allez sur le site de votre employeur, il y a un tableau avec le budget par élève et par an, vous allez rire (ou pas)... Donc, pas la peine de faire cher, sachant que les coûts sont supérieurs en privé hors contrat - notamment il faut payer un loyer parisien, c'est cher, alors que l'éducation nationale est propriétaire des murs.
      Bon, quand est-ce que vous claquez votre démission pour aller dans le privé ? Vous avez des scrupules par rapport à l'idée que c'est à but lucratif ? Ce n'est pas forcément le cas. L'école de mon fils est dans le cadre de l'économie sociale et solidaire - les comptes sont connus, il n'y a pas d'enrichissement indu ou d'actionnaires avides, de fait le budget est tout juste à l'équilibre avec des salaires raisonnables (tout travail mérite salaire) et comme les frais sont indexés sur les revenus, il y a aussi des élèves de milieu modeste (l'école est dans un quartier populaire). Pas assez social pour vous ? Il y a aussi du hors contrat associatif à but non lucratif.
      Allez, faites vous plaisir, coupez les ponts avec l'éducation nationale, son ministre, ses inspecteurs, ses programmes... Franchement, vu l'état de l'éducation nationale et le fait que c'est totalement impossible à réformer (entre les conservatismes, les syndicats, les parents d'élèves, les dogmes, les gens dans leurs tours d'ivoires, les manifs monstres, la désinformation de l'extrême droite et de l'extrême gauche, vous pensez vraiment qu'un compromis acceptable pourra se faire un jour ?), le meilleurs choix pour les parents et les enseignants qui ont une vocation c'est encore d'en sortir, non ?

    • AbjectionVotreHorreur

      Je ne claquerai pas ma démission pour aller enseigner dans le privé, pour un certain nombre de raisons. La première est que je crois fermement apporter quelque chose à mes élèves, élèves qui ne pourraient pas s'offrir une école privée (zone REP+, fortes difficultés sociales, etc.) ; je crois fermement en le service public, tout simplement, même quand il est dévoyé par trente ans de réformes stupides et mal pensées.
      Comme fonctionnaire titulaire, j'ai la possibilité de dire "non" à un chef dont je pense qu'il a tort, et j'y tiens : de lui ou moi, c'est moi qui sait ce qui est bon pour mes élèves, puisque c'est moi le spécialiste de l'enseignement de ma discipline. Cela étant, je reconnais volontiers que jusqu'à présent, je suis plutôt bien tombé niveau chefs, avec des gens qui ont le sens du service public et respectent mon expertise ; on a pu se friter, mais dans l'ensemble, toujours dans l'intérêt des élèves, et c'est ce qui compte. Idem pour les inspecteurs : j'ai le carafon nécessaire pour leur tenir tête, et de toute façon les IPR n'ont rien à me dire, je ne dépend que de l'inspection générale en tant qu'agrégé. Quant aux ministres, ils passent, et comme de toute façon, contrairement à ce que croient les naïfs, vont tous dans le même sens depuis trente ans, ne changent pas le cours des choses.
      Je n'ai pas non plus de problème avec le fait de gagner de l'argent, je ne considère pas ça comme un crime. Comme agrégé, je gagne passablement bien ma vie ; mes khôlles et vacations dans le sup' mettent un peu de beurre dans les épinards, et les quelques droits d'auteur que je touche me suffisent. Ce n'est donc pas non plus une question d'argent.
      Pour répondre enfin à la fin de votre post, non, je ne pense pas qu'un compromis est possible, ni que l'EN pourra reprendre ce que j'estime être la bonne direction. Ce n'est pas pour autant que je souhaite quitter le navire : tant que je crois pouvoir apporter quelque chose à mes élèves, je reste, voilà tout. Le jour où je ne souhaite plus enseigner dans le secondaire, le jour où je sens que je commence à m'aigrir et/ou à ne plus supporter l'hypocrisie de l'institution et des politiques, et les crachats du grand public sur un métier dont il ignore tout, j'en pars. J'ai des possibilités dans le sup', mais c'est un tel panier de crabes que je n'y tiens pas ; j'ai eu d'autres vies professionnelles avant l'enseignement, j'en aurai d'autres après.

  • criscolo

    Les postes à profil existent déjà mais concernent davantage les formations BTS et plus particulièrement les profils techniques en BTS. Jusqu’à maintenant, ils sont souvent créés et pourvus par des professeurs méritants qui ont déjà une carrière derrière eux. L’article ne dit pas quel profil auront ces candidats de l’extérieur.

  • CHM732

    Les profs bobos favorable à l'immigration, fuient les quartiers de banlieux à grande enjambée.

    • Banning

      Une seule enjambée? Ils ne vont pas aller très loin!

  • mococo31

    Ca se passera dans quel sens? Sera-ce la recherche de personnes profilées (CV? Diplômes? Compétences? Expérience? Capacités? Vérifiés en live et sous anonymat ? ^^) pour des postes spéciaux? Ou seront-ce des postes déjà repérés et déclarés à profil à la mesure de certaines personnes? :-) Est-ce que les jeunes auront leurs chances ?

  • Azurne

    Et la pédagogie ciblée en fonction des difficultés de certains élèves, ça arrive quand ?

    • AbjectionVotreHorreur

      Quand on ne sera plus à 30 par classe avec 17 élèves à besoins dits particuliers ? Ou quand on cessera de diminuer les heures de cours par matière et par classe ? C'est sans doute plus efficace d'adapter à ses élèves quand on en voit 25 cinq heures par semaine, que 30 ou 35 (voire 40, comme dans certains lycées) deux heures par semaine, non ?

  • Fortitude44

    C'est qui celui là, drôle de tête, il ne viendrait pas de mars des fois !

  • mon_pseudo-187728

    Ou comment jeter encore d el'argznt par les fenêtres sans assumer le probleme plus général de l'affectation des enseignants
    Et comme d'habitude les quartiers riches seront privilégiés ... et apres on fait pas une société inégalitaire avec ce gouvernement

  • gelan

    En quoi consistent les "bons résultats" des équipes pédagogiques en REP ? Précisez.
    Des postes à profil pour enseigner dans les lycées où tout le monde veut aller? Précisez.

    • AbjectionVotreHorreur

      Vous avez mis le doigt dessus. Les postes à profil dans les quartiers pourris, étrangement, ça ne fonctionne pas, témoin les ECLAIR mis en place il y a quelques années, ou l'affectation REP+ qui a suivi, et qui est un échec cuisant. Blanquer veut pouvoir caser les copains, tout simplement, comme il l'avait fait du temps où il était DGESCO, sous Châtel.

  • lionelbis

    Rien compris.
    S'agit-il de recrutement ou de gestion des ressources humaines ?

    • AbjectionVotreHorreur

      Il s'agit de faciliter le copinage et de caser les copains. On ne va tout de même pas envoyer le fils du copain, normalien agrégé, enseigner en REP+, comme le vulgum pecus, non ? Donc on crée les postes à profil, et le fils du copain est affecté dès sa titularisation au lycée du Parc à Lyon. Vous voyez le truc.

  • DANIEL60

    Je suis personnellement impressionné par les idées dont regorge cet individu. Il va éclater un jour! Il sait tout et a réponse à tout. Il est plus vieux que sa grand-mère. Au fait, pour "Parcours sup" il a des réponses pour ceux qui n'en ont pas reçues? Il peut en parler. . .

    • AbjectionVotreHorreur

      Il est fantastiquement efficace : depuis dix ans qu'il est aux manettes (et pas un an, comme se l'imaginent les neuneus qui commentent tout sans se renseigner sur rien) , il a fait de l'Education Nationale le meilleur système au monde, c'est bien connu. Non ?

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