Grippe aviaire : la une à scandale

©2006 20 minutes

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Lecteur occasionnel, je suis scandalisé par votre une. En vous servant du prétexte de la grippe aviaire, avec des mots écrits en tout petit, vous faites un titre qui est une véritable provocation (...). Vous appellerez sans doute cela de la liberté d'expression ou de l'humour, c'est bien dommage.
Marc

Une première lecture conduit à penser qu'il y a un lien entre grippe aviaire et immigration « humaine ». Votre journal est mis à disposition dans notre entreprise et je suis tombé sur cette une « à scandale ». J'ose espérer qu'il s'agit d'une erreur, d'un manque de précision et de recul et non d'une manchette délibérée pour vendre (façon de parler pour un gratuit) votre journal. Dans cette époque troublée, il convient de faire attention à ce que l'on écrit, surtout pour un journal populaire comme le vôtre.
Thierry Szpiro (e-mail)

Soit l'auteur de ce titre ne maîtrise pas bien la langue française, et a fait une confusion très regrettable entre (oiseaux) migrateurs et (personnes) immigrées, soit il maîtrise trop bien la langue française et a trouvé son titre génial, et l'amalgame terriblement d'actualité... Je trouve l'amalgame absolument inadmissible. Et je ne vois pas l'intérêt d'une telle provocation dans le climat actuel.
Lucile Barros (e-mail)

Je suis moi-même immigrée (...). Je pense que certains pourraient le prendre mal, même si cela ne me choque pas et me fait plutôt rire. J'apprécie les unes de 20 Minutes !
Madoka (www.20minutes.fr)

Les titres de 20 Minutes ne sont que des jeux de mots. Il faut savoir lire entre les lignes en évitant de tout prendre au premier degré... et de tomber dans la paranoïa.
Philippe (www.20minutes.fr)

Réponse de 20 Minutes : Accordons-nous sur une chose, « C'est pas la faute aux immigrés » fait référence à un argumentaire classique et simpliste qui vise à faire de celui qui vient d'ailleurs le responsable des problèmes d'ici. Valable donc pour les oiseaux, accusés de colporter la grippe aviaire. Il semble que ce soit l'usage du mot immigré dans « un certain contexte » qui puisse poser problème. Un « contexte » dans lequel parler de celui qui vient d'ailleurs est, sinon provocateur, au moins douteux. Le mot lui-même serait si lourd de sens qu'il vaudrait mieux ne pas en rajouter, voire carrément l'escamoter. En tout cas ne pas l'utiliser hors contexte, c'est-à-dire hors d'un climat où l'immigration est quelque chose de si sensible que seules les personnes « sérieuses », comme un ministre de l'Intérieur ou un chef de parti, sont autorisées à en parler.

Sans ses unes, 20 Minutes ne serait pas 20 Minutes. La première chose qui m'intéresse le matin ? Savoir sur quoi le journal a titré et quel jeu de mots il a trouvé. Youen (www.20minutes.fr)