Non, la présidentielle n'est pas pliée !

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Il semble bien, à lire la presse et à écouter les éditoriaux, que la Présidentielle soit pliée. Nicolas Sarkozy se laisse aller à une certaine confiance. Pendant que, dans le camp adverse, le doute s'installe. Et pourtant... Plus la campagne avance, plus les inconnues concernant le premier tour se multiplient.

1. Quel sera le taux d'abstention ? Trop ignoré, c'est pourtant le chiffre essentiel qui détermine tous les autres. Les enquêtes d'opinion ne pouvant l'évaluer, leurs résultats sont biaisés.

2. Nicolas Sarkozy va-t-il atteindre les 30 % ? Comme nous l'avons déjà évoqué dans ces colonnes, aucun candidat de droite depuis VGE en 1974 n'a plus été aussi haut.

3. Quel sera l'ordre d'arrivée du « quarté » ? S'il apparaît évident que seuls quatre candidats peuvent figurer au second tour (Bayrou, Le Pen, Royal et Sarkozy, par ordre alphabétique), nul ne peut prédire dans quel sens.

4. Ségolène Royal va-t-elle se qualifier pour le second tour ? Il ne s'agit pas là d'une provocation. Le tassement enregistré depuis plusieurs semaines légitime la question.

5. Le pseudo « troisième homme » pourrait-il arriver second ? François Bayrou et Jean-Marie Le Pen, au coude à coude pour cette place, sont-ils capables de dépasser la candidate socialiste ?

Mais là où le vertige doit saisir les candidats – comme les électeurs –, c'est que la variété des réponses possibles à ces cinq interrogations rend délirante la prétention de prédire le résultat de l'élection ! Et c'est très inhabituel.

Que le duel bipolaire – Royal/Sarkozy – apparemment souhaité par les éditorialistes depuis des mois ait lieu, et « l'éponge magique » effacera les chiffres du premier tour. Tous les raisonnements tenus doctement en termes de rapports de forces droite/gauche et de reports de voix seront balayés par cette opposition singulière. Qu'un Bayrou ou qu'un Le Pen s'engouffre (pourquoi pas les deux ?) et rien non plus ne sera joué. Nicolas Sarkozy n'est donc pas déjà élu. Et Ségolène Royal n'a pas encore perdu son pari. Sans compter que, comme dans tous les bons « jeux », il y a évidemment une question subsidiaire. Que va dire et faire Jacques Chirac ?