Royal au bord...

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Et si la présidentielle basculait dans les deux semaines qui viennent ? Avec une « séquence » qui débute le 11 février.

En effet, depuis une quinzaine de jours, l'image de Ségolène Royal a été abîmée par des bourdes successives : Hollande et les hausses d'impôts, l'ISF du couple, la suspension de Montebourg... Et elle est tombée d'elle-même, assez naïvement, dans quelques pièges : des déclarations maladroites sur le Québec, une imposture de Gérald Dahan la menant à un dérapage sur la Corse, une erreur sur le nombre de sous-marins nucléaires au micro de RMC Info. Du coup, la candidate va se presser de présenter les grandes lignes de son projet. Un lancement initialement prévu fin février. Dans les jours qui suivront, on mesurera si la socialiste reprend pied ou si elle s'enfonce en surveillant les enquêtes d'opinion. La poursuite du mouvement vers le bas déjà entamé pourrait alors être fatale. Le changement du timing de l'annonce du projet peut sembler hasardeux, mais il n'y a déjà plus de stratégie de rechange... Ce quitte ou double repose sur deux postulats. D'une part, la nouvelle manière de faire de la politique que Ségolène Royal entend incarner correspond réellement à une attente des électeurs qui ne se formalisent pas plus que ça qu'un(e) candidat(e) ne soit pas omniscient(e), qu'il (elle) gaffe à l'occasion et qu'il (elle) leur ressemble davantage à eux qu'aux politiques des générations précédentes. Une certaine forme d'amateurisme érigée en nouvelle vertu politique ! D'autre part, les équipes qui entourent la candidate socialiste ont tiré une substantifique moelle des fameux débats participatifs. Et cela va vraiment lui permettre d'avancer « quelque chose » de neuf, voire de surprenant sur le front des propositions. Dans ce cas, la tendance peut s'inverser et Ségolène Royal rebondir malgré les turbulences traversées. Le pari est audacieux. Si l'attente, la demande, le désir même qu'a fait naître la candidate ne sont pas comblés par la qualité de son « offre » politique, les vrais ennuis viendront. Une descente aux enfers comme celle que connurent un Chaban-Delmas ou un Edouard Balladur est même envisageable. Patience. Nous en saurons sans doute bientôt beaucoup plus.