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Les enfants pris en charge sont de plus en plus nombreux. — Pixabay

GREVE

VIDEO. Bas-Rhin: Pourquoi les travailleurs sociaux de la protection de l'enfance sont en «souffrance»

Les syndicats des services de la protection de l’enfance du Bas-Rhin sont en grève. Ils réclament plus de moyens pour faire face à la hausse du nombre de jeunes qui leur sont confiés

  • Les agents de la protection de l’enfance du Bas-Rhin (SPE 67) sont en grève : ils dénoncent leurs conditions de travail et réclament davantage de moyens.
  • En cause, une hausse importante du nombre de mineurs qui leur sont confiés : 130 de plus que l’an passé.
  • Le département affirme prendre la mesure du problème et met en avant des efforts en matière de financement.

Leur mission est essentielle : protéger les enfants en danger. Pourtant, les agents de la protection de l’enfance du Bas-Rhin (SPE 67) estiment qu’ils n’ont plus les moyens de la mener. Le service s’est mis en grève le 30 avril, à l’appel d’une intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, FO et UNSA) dont la création a suivi le début du mouvement.

« Les agents du SPE sont en souffrance », indique l’intersyndicale dans un communiqué. Une nouvelle journée d’action est d’ores et déjà programmée ce mardi. Pour les agents grévistes, la dégradation de leurs conditions de travail se répercute sur les enfants qui leur sont confiés.

« Près de 130 enfants en danger »

« Les agents sont à bout. Il y a un gros malaise et une demande de mobilisation », assure Hülliya Turan, représentante du personnel pour la CGT au sein du conseil départemental du Bas-Rhin. La CGT indique que « près de 130 enfants en danger » seraient « toujours dans leurs familles, sans solution de placement » et qu’une « centaine de mineurs non accompagnés » serait « hébergée en hôtel, sans suivi éducatif ».

 

Autre motif de mobilisation, le manque d’effectif chez les travailleurs sociaux. « En théorie, chaque agent est censé s’occuper de 40 enfants. En vrai, c’est beaucoup plus », indique la syndicaliste Hülliya Turan. « A cela s’ajoute un climat de défiance à l’égard de la collectivité », ajoute-t-elle. Le département du Bas-Rhin, leur organisme de tutelle, est dans le viseur des grévistes. Le président du conseil départemental, Frédéric Bierry, explique faire face à une « explosion » de mineurs confiée à l’aide sociale à l’enfance.

145 millions d’euros de budget

« Il y en avait 2.741 en mars 2019, contre 2.608 l’année dernière à la même période. Cela fait plus de 130 enfants en un an », indique le président Bierry. Face aux critiques, il assure « mesurer la difficulté » du travail des agents, et rappelle que le département a ouvert 10 postes de travailleurs sociaux. « Le Bas-Rhin a voté en 2018 un plan d’action Jeunesse-famille de 145 millions d’euros annuels, et on l’a encore augmenté d’environ 4 millions en 2019, dans un contexte de tension budgétaire en raison de la baisse des dotations », avance Frédéric Bierry.

Malgré une réunion avec la direction ce lundi matin, les représentants du personnel ne sont pas convaincus. « Les réponses qui nous sont faites ne sont pas à la hauteur des enjeux », résume Hülliya Turan. Le mouvement de grève se poursuit mardi, avec un rassemblement prévu devant l’hôtel du département, à Strasbourg.

 

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