Venise, cité de tous les arts

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Arrivée en vaporetto au Campo San Samuele, place située le long du Grand Canal. Surprise : dans ce décor vénitien classique surgit une sculpture d'un rose détonnant, Balloon Dog, signée Jeff Koons, l'artiste néo-pop new-yorkais. Effet réussi pour le Palazzo Grassi, qui présente l'exposition d'art contemporain « Where Are We Going ? », jusqu'au 1er octobre.

L'édifice du xviiie siècle vient de rouvrir ses portes, après son acquisition en 2005 par François Pinault. L'homme d'affaires dévoile une partie de sa riche collection personnelle, mettant l'accent sur ses coups de coeur, tels le minimalisme « made in America » et l'Arte Povera italien. Quelque 200 oeuvres étonnantes ou déroutantes, autant d'expressions sur notre vie présente et future.

Après ce bouillon de culture, il fait bon déambuler dans les quartiers alentour, San Marco et Dorsoduro, sans se poser, cette fois, la question : « Où va-t-on ? » Venise invite à la rêverie, à se laisser bercer par le clapotis de l'eau et à se perdre dans le dédale des ruelles... La cité des Arts révèle sa délicieuse intensité. Alors que les Vénitiens mènent leurs barques, le temps s'arrête pour qui veut admirer façades, églises, palais et autres trésors tour à tour byzantins, gothiques, Renaissance et baroques.

Si l'on ressort son plan, c'est pour compléter son parcours de visites autour de l'art des xxe et xxie siècles. Car, non loin du Palazzo Grassi, l'Institut vénitien des sciences, des lettres et des arts expose jusqu'au 9 juillet la collection Pontus Hulten (Warhol, Ernst, Brancusi, Duchamp, etc.). Et, de l'autre côté du canal, la géniale collection Peggy Guggenheim retrace l'histoire de l'art moderne (Picasso, Klee, Miro, etc.). Venise n'a pas que gondoles et masques à paillettes à offrir.

Maya Blanc

Guide : Venise, Cartoville, Gallimard, 7e édition, 2006. Y aller : Visit Italie, week-ends à partir de 324 e HT, réservation au 0 821 00 20 22. Vols réguliers Air France et Alitalia.