Selon Hervé Morin, le chef d'etat-major tchadien a été tué

TCHAD Alors que des tirs d'armes lourdes ont eu lieu dimanche matin dans le centre-ville de N'Djamena, le ministre français annonce que le déploiement de l'Eufor est suspendu...

© 2008 AFP

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Les rebelles tchadiens sont entrés samedi dans la capitale N'Djamena, où le président Idriss Deby était toujours retranché dans le palais présidentiel alors que la Libye annonçait dans la soirée que le principal chef de la rébellion, Mahamat Nouri, avait accepté un cessez-le-feu.
Les rebelles tchadiens sont entrés samedi dans la capitale N'Djamena, où le président Idriss Deby était toujours retranché dans le palais présidentiel alors que la Libye annonçait dans la soirée que le principal chef de la rébellion, Mahamat Nouri, avait accepté un cessez-le-feu. — Issouf Sanogo AFP/Archives

Des tirs d'armes lourdes ont eu lieu dimanche matin dans le centre-ville de N'Djamena où s'opposent depuis samedi les troupes gouvernementales du président Idriss Deby et la rébellion tchadienne.

La France a proposé dès vendredi soir à Idriss Déby de le faire sortir du Tchad en proie à la rebellion s'il considérait sa vie en danger mais le président tchadien a refusé, selon une source proche de l'Elysée citée par l’AFP.

Le ministre de la Défense Hervé Morin a indiqué dimanche sur Europe 1 que, selon ses informations, le chef d'état-major tchadien était décédé dans les combats contre la rébellion. Le ministre français a également indiqué que le déploiement de la force européenne Eufor Tchad-RCA était «suspendu jusqu'à mercredi».

Avions de combat

Des tirs de canons de chars et d'armes automatiques ont été entendus dimanche en provenance du centre-ville où est située la présidence tchadienne. Selon des sources militaires, des hélicoptères de l'armée tchadienne ont pu décoller et ont ouvert le feu. Ils ont décollé de la base militaire tchadienne à l'aéroport où se trouve également la base française du dispositif Epervier.

Des avions de combat Mirage français ont également décollé dimanche matin et survolent actuellement N'Djamena, larguant notamment des leurres pour éviter d'être pris pour cibles. Samedi, ces avions français n'avaient pas fait de sorties quand les rebelles étaient entrés dans la ville et lors des affrontements qui avaient opposé troupes gouvernementales et forces rebelles.

Les hélicoptères ont notamment attaqué une colonne de rebelles tchadiens qui tentent une percée dans le secteur de la radio, dans le sud-est de la ville. Ces nouveaux affrontements interviennent après une nuit globalement calme.

Evacuations

«Nous ne sommes pas allés prendre l'aéroport pour ne pas gêner l'évacuation des ressortissant étrangers et maintenant l'armée française laisse décoller des hélicoptères (tchadiens) qui viennent nous attaquer», a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'alliance de la rébellion Abderaman Khoulamallah.

Au cours de la nuit, des vols d'évacuation d'étrangers ont eu lieu en direction de Libreville. Dimanche matin, le personnel de l'ambassade des Etats-Unis a été évacué vers la base militaire française à bord d'une dizaine de véhicules, dans l'espoir de quitter le Tchad par avion si les conditions de sécurité sont remplies.

Les avions de transport de l'armée française ont évacué 397 ressortissants étrangers de N'djamena sur Libreville dans la nuit de samedi à dimanche, selon l'état-major des armées à Paris.

Les rebelles tchadiens sont entrés samedi dans la capitale N'Djamena, où le président Idriss Deby était toujours retranché dans le palais présidentiel alors que la Libye annonçait dans la soirée que le principal chef de la rébellion, Mahamat Nouri, avait accepté un cessez-le-feu.

Parallèlement, les premières évacuations de ressortissants étrangers du Tchad ont commencé samedi soir, après l'arrivée à N'Djamena de quatre appareils militaires français destinées à ces opérations.

Cessez-le-feu

Un cessez-le-feu proposé par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, chargé samedi par l'Union africaine (UA) d'une mission de médiation, a été accepté samedi soir par le principal chef de la rébellion, le général Mahamat Nouri, selon l'agence officielle libyenne Jana.

Au cours d'un entretien téléphonique de Kadhafi avec le général Nouri, chef de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), «il a été convenu d'un cessez-le-feu et de négociations pour l'application de l'accord de paix de Syrte (Libye)», signé le 25 octobre 2007 entre la rébellion et le gouvernement tchadiens, mais resté lettre morte, a précisé l'agence. Le colonel Kadhafi a eu également des entretiens samedi soir avec le président tchadien Idriss Deby Itno qui lui a assuré que «les forces gouvernementales contrôlaient la situation», selon Jana.

A N'Djamena, un premier avion français a décollé vers 21h00 GMT à destination de Libreville avec à son bord 75 ressortissants français et d'autres pays non précisées, a annoncé l'état-major des armées françaises.