Le Musée juif de Prague a 100 ans

©2006 20 minutes

— 

Non loin de l'agitation du célèbre pont Charles, le vieux cimetière juif de Prague dégage une forte émotion en dépit des touristes qui encombrent ses allées. A l'ombre de hauts arbres s'enchevêtrent quelque 12 000 stèles, condamnées à se superposer durant trois siècles dans cet espace restreint. La plus ancienne date de 1439, la plus récente de 1787. Mais la plus recherchée reste celle du rabbin Löw, jonchée de voeux et de petits cailloux.

Au coeur de sa splendide vieille ville, Prague abrita l'une des plus importantes communautés juives d'Europe, enclose dès le Moyen Age. Après avoir connu de nombreuses vicissitudes – pillages, pogroms...–, le quartier Josefov fut rasé pour insalubrité au xixe siècle, ne conservant, outre le fameux cimetière, que cinq synagogues et son hôtel de ville rococo. Dans ce fief du Golem, la synagogue Vieille-Nouvelle est le plus ancien sanctuaire israélite d'Europe. Néo-mauresque, la synagogue espagnole surprend par ses décorations en stuc, inspirées de l'Alhambra. Comme à la synagogue Klaus, de nombreuses vitrines du Musée juif renferment de poignants témoignages sur la vie du ghetto. Plus bouleversants encore, les noms des 77 297 Juifs victimes de l'Holocauste inscrits sur les murs de la synagogue Pinkas. A l'étage sont exposés les dessins bouleversants d'enfants emprisonnés au camp de Terezin avant d'être déportés...

En empruntant les élégantes rues bordées d'immeubles cubistes et Art nouveau, on rejoint l'artère de Parizska trida (avenue de Paris) et la rivière Vltava pour gagner l'autre rive, où se trouve le musée Kafka. Là, on ne manquera pas de grimper jusqu'au château et au 22 de l'illustre ruelle d'Or, une maison lilliputienne où vécut cet écrivain emblématique de la Prague juive.

Catherine Levesque

Musée juif (six sites) : 10 e le billet. Paris-Prague (2 h) à partir de 380 e A/R sur Czech Airlines. Rens. : 01 53 73 00 32 ou www.czechtourism.com