gauche contre gauche aupremier tour

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Daniel Monnier, candidat du Front de gauche aux législatives en Haute-Marne.
Daniel Monnier, candidat du Front de gauche aux législatives en Haute-Marne. —

Un duel à haut risque entre le PS et le Front de gauche. Dans la deuxième circonscription de la Haute-Marne, huit candidats sont en lice, dont au total cinq de gauche. Une offre pléthorique, alors que le risque existe qu'aucun candidat de gauche ne soit représenté au second tour. Comme en 2002, où le FN et l'UMP s'étaient affrontés en duel. Et en 2007, où le candidat UMP François Cornut-Gentille a été élu au premier tour.
Le 22 avril, au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen a fait ici 29 % des voix. Pendant un temps, Daniel Monnier, du Front de gauche, a donc pensé à une candidature commune de la gauche, derrière le PS. Finalement, ce psychomotricien de 53 ans s'est lancé dans la bataille, faute d'accord national. Pendant qu'une partie des communistes rejoignait la bannière du socialiste Denis Maillot.

Le jeu du FN ou pas ?
« Les gens qu'on rencontre sont troublés par cette situation, ils ne comprennent rien. D'autant que sur les tracts du socialiste, il y a le logo du Front de gauche. Ce n'est pas normal », regrette Denis Monnier. Lui défend sa « stratégie gagnante » : « comme à la présidentielle, chacun fait du mieux possible au premier tour. Au second tour, on met les voix en commun. Hollande n'a pas gagné seul. » Denis Maillot, le candidat PS, « ne le connaît pas et n'a rien contre lui ». Mais il aurait préféré un candidat unique de la gauche, comme ils l'ont fait aux sénatoriales, aux cantonales et aux régionales. Selon sa suppléante, la communiste Sylvie Brun, Daniel Monnier « fait un peu le jeu du FN ».« On nous présente comme des diviseurs, mais nous prétendons représenter la diversité de la gauche », se défend le candidat du Front de gauche. Si les deux gauches s'opposent sur la stratégie, elles s'accordent sur un adversaire commun : « la droite et l'extrême droite ». « Là-dessus, on n'est pas comme l'extrême gauche, qui ne dit rien pour le second tour », insiste Daniel Monnier.