Benicio ou la peur du CheKyan Khojandi, ses tweets en « Bref »Un sacré film Pour un come-backFascinanteEmilie Dequenne

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C'est comme réalisateur que Benicio Del Toro est de retour sur la Croisette cette année pour présenter 7 jours à La Havane (sortie le 30 mai), film choral dont il a signé un segment. L'acteur de Che avait un peu le trac avant la projection à Un certain regard. « Quand on est acteur, on tremble à chaque scène où on apparaît, alors que quand on est réalisateur on flippe tout te temps », confie-t-il. Cela ne l'empêche pas de rêver de

signer un long métrage dans lequel il ne souhaite pas jouer, de peur de faire une double crise cardiaque. C. V.Kyan Khojandi.Que raconte le compte Twitter de Kyan Khojandi, co-auteur et acteur de la série « Bref » sur Canal+, coauteur des textes de Bérénice Bejo, maîtresse de cérémonie à Cannes ?

Chiffres clés. Moyenne 8 tweets/jour. Plus de 167 000 abonnés (followers). 82 abonnements (following).
Vies et heurts d'un Twitter. Le compte a eu une vie bien avant « Bref » puisque Kyan s'inscrit en 2009, sur les conseils de son coauteur Navo (alias @navavo). Reste que son Twitter a suivi la courbe de sa notoriété. Il était à 400 abonnés (followers) au lancement de « Bref » fin août 2011. Le 5 novembre 2011, il passe à 9000 abonnés. Le 25 décembre... à 50 000.
Style. Clanique et créatif. Il écrit des vannes, des petits moments de vie, suit et retweete surtout des créateurs. Des dessinateurs de BD et surtout des auteurs et comédiens qui donnent dans la comédie et le stand up. Dans son grand réseau de la vanne, Navo, Baptiste

Lecaplain (coloc'dans « Bref »), Dedo du Jamel Comedy Club…
Tweets allergies. Déteste l'agressivité et les « tweet clashs ». Les plagiaires qui repompent sur les blagues d'autres sans citer. Et ceux qui retweetent toujours les compliments qu'on leur fait.
Secrets. Avec Navo, il a créé des Twitter fictifs de personnages. Et s'est récemment mis au scoubidou pour se désintoxiquer du smartphone.A. K.
« Les caméras n'ont plus de moteurs, aujourd'hui. On devrait dire “power” ». Leos Carax a de l'humour et l'a prouvé, hier, devant la presse et dans son film Holy Motors. Sacrés moteurs de limousines, en effet, dotées d'un cœur et qui parlent comme dans Cars. Et sacré Carax, qui signe un film aussi inattendu que l'accueil, quasi unanime, qui lui a été réservé. Cet enthousiasme s'est vite propagée hier des salles de la Croisette aux réseaux sociaux. Avec son enchaînement de saynettes poétiques et grotesques, Holy Motors serait « le seul film qui correspond aux critères du président du jury pour une Palme d'or », tweete Ecran Noir. Tandis que Michel

Reilhac, le directeur du cinéma d'Arte, prédit que « le film aura un beau prix à la fin ». On l'espère pour Leos Carax, qui

assure l'avoir « réalisé très vite, à force de ne pas pouvoir tourner [ses] autres projets ».

Méfiance des banques
La productrice du film, Martine Marignac, n'a rien caché des difficultés qu'elle a pu rencontrer. « Il reste, d'aventures

anciennes, une énorme méfiance des banques vis-à-vis de Leos. Elles ne voulaient pas escompter les contrats, même ceux déjà signés. Le film a failli ne pas se faire à cause de ça. » Carax, c'est l'artiste maudit par excellence. Surtout depuis le tournage épique (et financièrement douloureux) des Amants du Pont-Neuf (1991). Il a tenté, sans y parvenir, de se refaire une virginité avec Pola X, son dernier long métrage présenté à Cannes en 1999. Cette fois pourrait être la bonne, aidé par l'ex-pop star Kylie Minogue, dont c'est aussi le come-back, et la performance de Denis

Lavant, qui « s'est démultiplié », comme le raconte le comédien, pour incarner onze rôles qui l'entraîneront à faire l'amour avec une contorsionniste, revêtir d'un voile la sublime Eva Mendes ou assassiner son double. « Mon moteur à moi est physique et

organique », dit-il. Il ferait

fureur en Grand Prix…

d'interprétation.
David Cronenberg a eu du nez d'avoir donné le prix d'interprétation à la débutante Emilie Dequenne pour Rosetta (1999) des frères Dardenne. C'est après avoir vu la jeune fille pleurer en recevant sa récompense que Joaquim Lafosse l'a découverte. Tous deux viennent de bouleverser la Croisette avec

A perdre la raison, film glaçant inspiré d'un fait-divers atroce. Rarement abordé au cinéma, l'infanticide est traité ici avec une intensité à la limite du supportable. Le réalisateur

de Nue propritété (2005) essaye de comprendre l'impensable et offre à sa comédienne un personnage

complexe et fascinant. On entendait une mouche voler dans la salle avant qu'elle ne soit assommée par les applaudissements ! Notre seul regret est que ce grand film ne soit pas présenté en compétition, ce qui aurait permis à l'actrice d'être en lice pour un second prix d'interprétation tout aussi mérité que le premier. C. V.