une BONNE humeur à nuanceR

VIRGINIE TAUZIN

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Refroidis par la crise, les jeunes diplômés ? Pas vraiment. Selon une étude réalisée par le cabinet Deloitte et administrée par l'Ifop, il en faudrait plus pour décourager ces nouveaux arrivants sur le marché du travail. Réalisée entre les 4 et 13 janvier derniers sur un échantillon de 1 001 titulaires d'un diplôme bac à bac + 5 depuis moins de 3 ans, en poste en entreprise (pour 55 % d'entre eux) ou à la recherche d'un emploi (45 % d'entre eux), l'enquête décrypte leur sentiment face au marché du travail. Et vous allez voir que le baromètre Deloitte « Humeur des jeunes diplômés », le premier du genre, dévoile une tendance positive, malgré quelques ombres au tableau.

Gagner de l'argent
A la question « Diriez-vous que l'entreprise est un lieu d'épanouissement personnel ? », 84 % des diplômés interrogés répondent positivement. Pourtant, lorsqu'il s'agit de savoir si ceux qui sont en poste s'épanouissent vraiment, seuls 30 % se sentent concernés, tandis que 68 % considèrent que leur emploi actuel est un moyen de gagner de l'argent ou une parenthèse avant de trouver mieux. « Il y a des éléments de défiance vis-à-vis de l'entreprise, explique Jean-Marc Mickeler, chez Deloitte, mais les jeunes ont des attentes importantes, il faut être à l'écoute. » 62 % des diplômés en poste souhaitent toutefois le garder, alors que 38 % désirent en changer. En majorité, ils s'y sentent autonomes (86 %), respectés (83 %), encouragés (81 %), mais aussi manipulés (63 %).

Mobiliser son réseau personnel
Du côté des demandeurs d'emploi, 49 % considèrent que leurs chances d'en trouver un dans les 6 prochains mois sont élevées, contre 51 % qui les estiment faibles. Et l'arrivée d'un nouveau président n'y changera rien, selon 73 % d'entre eux. Pour s'en sortir, la plupart ne comptent que sur eux-mêmes (79 %) ou sur leur réseau personnel (77 %) et peu sur des organismes institutionnels type Pôle emploi (38 %). Toujours est-il que si avenir professionnel il y a, il se situe dans l'Hexagone : seuls 13 % des diplômés en recherche d'emploi songent en effet à s'expatrier.